Un collier à dix perles

Milan-San Remo donne samedi le coup d’envoi de la Coupe du monde, le fil conducteur des joyaux du cyclisme que sont les classiques. Avec la course italienne pour première des dix perles, la Coupe du monde commence par la plus indécise, souvent la plus excitante, toujours la plus longue. Cette année, le parcours modifié pour raison technique a été raccourci de 7 kilomètres mais la distance de la Primavera atteint 287 kilomètres

Un collier à dix perles
©(BELGA)

Milan-San Remo donne samedi le coup d’envoi de la Coupe du monde, le fil conducteur des joyaux du cyclisme que sont les classiques. Avec la course italienne pour première des dix perles, la Coupe du monde commence par la plus indécise, souvent la plus excitante, toujours la plus longue. Cette année, le parcours modifié pour raison technique a été raccourci de 7 kilomètres mais la distance de la Primavera atteint 287 kilomètres.

Basée sur les cinq «monuments» du cyclisme selon l’appellation ancienne (Milan-San Remo, Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège, Tour de Lombardie), la Coupe du monde a structuré le calendrier des courses d’un jour. Elle a intégré cinq autres courses et a tenté pour l’essentiel de rayonner dans tous les grands pays cyclistes de l’Europe de l’Ouest.

Depuis sa création en 1989, les expériences développées dans d’autres pays ont échoué. Le Canada (GP des Amériques) et la Grande-Bretagne (Leeds Classic, Rochester Classic, etc) ont été abandonnés au profit d’une formule resserrée qui a le mérite de la stabilité, à défaut d’une parfaite cohérence. Car l’éparpillement au fil de la saison nuit à la lisibilité de la compétition.

La Coupe du monde se dispute en trois vagues. La première, concentrée sur mars-avril, prend en compte cinq courses avant que commence la période des grands tours. La deuxième occupe le créneau du mois d’août, à la place des critériums qui fleurissaient jadis. La troisième, limitée à deux courses avant et après le sommet du Championnat du monde, détermine le classement final.

Paradoxalement, le collier brille moins que les perles qui le composent. La quasi-totalité des coureurs privilégient la victoire dans une grande classique par rapport au classement général, établi sur l’addition des points.

Mais, quelles que soient les réserves apportées, le palmarès du trophée représente le meilleur argument. Depuis 1995, il a été remporté par le Belge Johan Museeuw, l’Italien Michele Bartoli, le Belge Andrei Tchmil et l’Allemand Erik Zabel. Autrement dit, les quatre plus grands spécialistes actuels des classiques. Pour une équipe, la qualification d’office à la Coupe du monde requiert de figurer dans les 22 premières du classement mondial, la première division. Ce système est appelé toutefois à être modifié suivant la réforme concoctée par le Conseil du cyclisme professionnel (CCP).

Cette année encore, les groupes classés en deuxième division n’ont accès aux courses de la Coupe du monde qu’en fonction des invitations délivrées par les organisateurs. Avec, de façon générale, une priorité accordée aux équipes qui courent à domicile. «Participer à une course de Coupe du monde, c’est l’assurance de disputer une course de haut niveau. D’où un intérêt sportif pour une équipe et un intérêt médiatique pour son sponsor», résume Vincent Lavenu, dont la formation a été reléguée cette année en deuxième division.

Son exemple à l’appui, le directeur sportif d’AG2R réduit aussi le poids de la compétition: «La Coupe du monde est importante. Mais, pour un groupe français, l’essentiel reste d’être qualifié pour le Tour.»

(AFP)


La participation: 200 coureurs au maximum. Les vingt-deux équipes dites de «première division» sont qualifiées d’office sur un maximum de vingt-cinq -sauf dérogation- au départ de chaque course. Huit coureurs par équipe (six au minimum). Les équipes qualifiées d’office: Telekom et Team Coast (All), Domo et Lotto (Bel), CSC (Dan), Ibanesto.com, Euskaltel, Kelme et ONCE (Esp), Mercury et US Postal (Etats-Unis), Cofidis, Crédit Agricole et Festina (Fra), Fassa Bortolo, Lampre, Liquigas, Mapei, Mercatone Uno, Saeco et Tacconi (Ita), Rabobank (PBS). L’attribution des points: les vingt-cinq premiers coureurs classés dans chaque course marquent des points au classement général (100, 70, 50, 40, 36, 32, 28, 24, 20, 16, 15, 14, etc). Pour figurer au classement final, les coureurs doivent avoir participé à un minimum de six courses. Une compétition semblable existe pour les groupes sportifs. Les lauréats: 1989: Sean Kelly (Irl) 1990: Gianni Bugno (Ita) 1991: Maurizio Fondriest (Ita) 1992: Olaf Ludwig (All) 1993: Maurizio Fondriest (Ita) 1994: Gianluca Bortolami (Ita) 1995: Johan Museeuw (Bel) 1996: Johan Museeuw (Bel) 1997: Michele Bartoli (Ita) 1998: Michele Bartoli (Ita) 1999: Andrei Tchmil (Bel) 2000:Erik Zabel (All) Le record de victoires: neuf par Johan Museeuw (Bel). Erik Zabel (All) compte cinq victoires, Michele Bartoli (Ita), Andrea Tafi (Ita) et Andrei Tchmil (Bel) quatre.