Contre la montre et toute logique

Vingt-quatre heures après les pavés du Nord, le peloton passe un examen qui n'est pas, là encore, la tasse de thé d'une majorité de coureurs, avec l'exercice du contre-la-montre par équipes, mercredi, entre Cambrai et Arras (64,5 km). Le Tour en direct L'histoire du Tour en Belgique

AFP
Contre la montre et toute logique
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Vingt-quatre heures après les pavés du Nord, le peloton passe un examen qui n'est pas, là encore, la tasse de thé d'une majorité de coureurs, avec l'exercice du contre-la-montre par équipes, mercredi, entre Cambrai et Arras (64,5 km).

Cette arrivée groupée dans la patrie de Robespierre suscite d'ailleurs, cette année, de nombreuses polémiques s'attachant à sa nouvelle réglementation: avec les temps reportés au classement général qui feront l'objet d'un barème à la carte destiné à plafonner les écarts, de sorte qu'aucune formation ne perde plus de trois minutes.

Quintuple vainqueur du Tour, Lance Armstrong s'est penché sur le problème pour en dégager l'iniquité. «On a ramené les délais de sept à trois minutes. Imaginons qu'Euskaltel ou une autre équipe de grimpeurs pointe avec environ 2 minutes trente de retard au deuxième pointage intermédiaire: que se passera-t-il alors?, observe le Texan. Je pense en fait qu'elle roulera tranquille jusqu'à l'arrivée. Je n'arrive vraiment pas à comprendre l'intérêt de cette nouvelle règle». Ce changement impromptu a conforté l'analyse du chef de file de l'US Postal selon laquelle on «ne pourra pas gagner le Tour dans les dix premiers jours», période pendant laquelle on pourra en revanche «facilement le perdre».

L'année dernière à Saint-Dizier, les Postiers avaient impressionné en reléguant les Basques d'Iban Mayo, 18es sur 21, à trois minutes 22 secondes. Privé de Gorka Gonzalez, déclaré inapte à Liège, les hommes en orange auront ainsi avant de s'élancer, la satisfaction d'avoir grappillé, quoiqu'il en soit, 22 secondes, sans avoir même à s'employer.

CSC et Crédit Agricole crient, eux aussi, mais d'une autre manière, à l'injustice. «Cette nouvelle réglementation nous désavantage au plus haut point, nous, équipe de rouleurs», remarquent de concert les managers généraux Bjarne Riis et Roger Legeay.

Pièce maîtresse de la banque française, Christophe Moreau module les propos de son mentor. «Je comprends l'esprit qui a incité à apporter cette modification: les organisateurs ont voulu tenir en haleine les spectateurs en évitant que la course soit écrasée par une grosse écurie, analyse-t-il. Malheureusement, le résultat ne va pas refléter le vrai niveau de l'équipe qui va gagner».

Le premier prendra en effet 20 secondes au 2e (sur le 5e homme), 30 au 3e, 40 au 4e, une minute à la 6e, 1 minute 30 à la 9e, deux minutes à la 12e et, enfin, trois minutes, écart maximal, à la 21e et dernière équipe.


Mode d'emploi La formule du contre-la-montre par équipes du Tour de France a été modifiée cette année afin d'adoucir ses conséquences chiffrées. Les organisateurs ont établi un barême afin de plafonner la perte de temps possible pour les équipes battues. Les écarts par rapport à la formation victorieuse sont pris en temps réel sauf s'ils dépassent ce plafond. Le barême:20 sec (2e équipe)30 sec (3e)40 sec (4e)50 sec (5e)1 min (6e)1 min 10 sec (7e)1 min 20 sec (8e)1 min 30 sec (9e)1 min 40 sec (10e)1 min 50 sec (11e)2 min (12e)2 min 10 sec (13e)2 min 20 sec (14e)2 min 30 sec (15e)2 min 35 sec (16e)2 min 40 sec (17e)2 min 45 sec (18e)2 min 50 sec (19e)2 min 55 sec (20e)3 min (21e). L'ordre des départs: de cinq en cinq minutes, dans l'ordre inverse du classement par équipes au soir de la 3e étape. Le calcul: le temps est pris sur le cinquième coureur de chaque équipe (précision au 1/100e de seconde). Un temps identique est accordé à tous les coureurs arrivant dans ce même temps. Les coureurs arrivant isolément après le cinquième coureur sont crédités au classement général individuel du temps réel mis pour accomplir le parcours (64,5 km).