Boonen, trois ans après Baguet

Tom Boonen, le grand espoir de notre cyclisme national, a remporté son premier succès dans le Tour de France en dominant le sprint d'arrivée de la sixième étape, vendredi à Angers, après une chute massive sous la flamme rouge du dernier kilomètre. Le champion de France Thomas Voeckler (La Boulangère), retardé comme la majeure partie des coureurs, a gardé le maillot jaune de leader au terme de cette étape de plaine de 196 kilomètres.

D'après Belga
Boonen, trois ans après Baguet
©EPA

Tom Boonen, le grand espoir de notre cyclisme national, a remporté son premier succès dans le Tour de France en dominant le sprint d'arrivée de la sixième étape, vendredi à Angers, après une chute massive sous la flamme rouge du dernier kilomètre. Le champion de France Thomas Voeckler (La Boulangère), retardé comme la majeure partie des coureurs, a gardé le maillot jaune de leader au terme de cette étape de plaine de 196 kilomètres. En application du règlement, tous les coureurs du peloton ont en effet été classés dans le même temps que le vainqueur, même l'Autrichien René Haselbacher qui, touché à une hanche, a été dans l'incapacité de franchir la ligne.Sur la ligne, Boonen a devancé de plusieurs longueurs l'Australien Stuart O'Grady, l'Allemand Erik Zabel et l'avant-garde d'un peloton très réduit après cette énorme chute. Quoi qu'il en soit, les Belges ont enregistré leur premier succès d'étape sur le Tour de France depuis celui de Serge Baguet lors du Tour de France... 2001! «C'est une grande victoire, sourit Tom Boonen. Je savais que le final était très dur et j'ai voulu rester devant, commençant mon sprint à 200m et le lançant vraiment à 150m. Au début, j'avais un peu peur de Zabel mais, dans le dernier virage, j'ai vu que tout se déroulait parfaitement. Je n'ai jamais cherché d'excuses concernant les ennuis mécaniques que j'ai eus. Sans cette malchance, je me serais déjà imposé. C'est dommage que je n'ai pas pu être opposé à des coureurs comme Cipollini ou Petacchi, à leur meilleur niveau, mais je pense que je fais partie du Top 2 ou 3 des meilleurs sprinteurs. Je ne pense néanmoins pas au maillot vert. Je suis venu sur le Tour pour acquérir de l'expérience...»

Armstrong pied à terre

Dans cette étape, Lance Armstrong a connu une frayeur au 14e kilomètre en étant pris dans une chute collective. L'Américain est reparti rapidement pour reprendre place dans le peloton. Six coureurs, les Français Jimmy Engoulvent et Carlos Da Cruz, l'Espagnol Juan Antonio Flecha, le Norvégien Kurt-Asle Arvesen, le Néerlandais Marc Lotz et l'Italien Alessandro Bertolini, ont mené une longue échappée depuis le 21e kilomètre. Le petit groupe a compté jusqu'à 4 minutes 15 secondes d'avance, au ravitaillement de Ruille-sur-Loir (km 90), avant de perdre son avantage sous l'effet de la poursuite menée par les équipiers des sprinters (Boonen, McEwen, Nazon, Hondo).

Les quatre rescapés (Engoulvent, Da Cruz, Flecha, Lotz) ont abordé les quinze derniers kilomètres avec 1 minute et demie d'avance mais ont fini par être repris dans les rues d'Angers, à l'exception de Flecha, qui a tenu bon jusqu'au dernier kilomètre.

Boonen, 23 ans, a remporté son premier succès d'étape dans la Grande Boucle. Il a justifié une réputation flatteuse qui le destine à assurer la succession de Johan Museeuw, le grand spécialiste belge des classiques désormais retraité, ou de Tom Steels, maître des sprints il y a plus de quatre ans.

Cette saison, l'Anversois (révélé par sa troisième place de Paris-Roubaix en 2002) a déjà gagné 14 courses, parmi lesquelles le GP E 3 et Gand-Wevelgem. Sa victoire a coïncidé avec le retrait, annoncé le matin, de deux références du sprint, les Italiens Alessandro Petacchi et Mario Cipollini, qui ont déclaré forfait avant le départ de Bonneval.

© Les Sports 2004


Chutes dans le peloton La nervosité qui prévaut toujours en début de Tour a fait des victimes supplémentaires, hier. Comme la veille, les chutes ont été nombreuses. La course n'avait encore que 14 kilomètres quand une première chute impliqua Merckx, Gutierrez, Pereiro mais aussi Voeckler et Lance Armstrong. Le Texan, qui allait encore devoir mettre pied à terre un instant (il termine 34e de l'étape quand même) dans la cabriole survenue sous la flamme rouge, est touché au coude et à la hanche, mais sans trop de gravité. La veille déjà, quatre de ses équipiers avaient chuté. Tout au long de l'étape, le service médical du Tour dut intervenir pour soigner les blessures et maux divers. Ainsi, Axel Merckx fit-il appel au docteur pour soigner ses genoux touchés dans l'aventure. Les Lotto-Domo n'étaient pas encore au bout de leurs peines. Après avoir chassé derrière les six échappés en compagnie des Quick Step, les hommes de Criquielion virent tout leur échapper en fin d'étape. «Une fois de plus, c'est la faute d'Haselbacher (trois côtes fracturées), expliquait Robbie McEwen après l'arrivée. Ce type n'a pas sa place au Tour. Il est incapable de rouler en ligne droite et a provoqué une vague sous la flamme rouge qui a fait tomber tout le monde.» L'Australien, qui a perdu son maillot vert, est râpé et brûlé sur tout le corps. «J'ai tout perdu, se plaignait-il. Une étape qui me tendait les bras, les points et je suis blessé partout. Si j'avais gagné cette étape, j'aurais pris une sérieuse option pour le maillot vert. Maintenant, tout est à refaire.» Car le coureur de Brakel devra d'abord voir l'évolution de ses blessures. «Le docteur de l'équipe craint surtout une inflammation de mes brûlures, expliquait-il après avoir été pansé et massé. J'espère surtout que je vais pouvoir dormir correctement.» (E.d.F.)