«Le duel a tourné court, zéro»

Les abandons des deux stars du sprint mondial Alessandro Petacchi et Mario Cipollini, vendredi avant même le départ de la 6e étape, ont semblé mettre en colère les organisateurs de l'épreuve. «C'est le bide de la première semaine», a confié Christian Prudhomme, le directeur-adjoint du Tour. «On s'attendait à un duel entre les deux ou en tout cas on s'attendait à ce que Petacchi soit devant: Petacchi, Cipollini, eh bien le duel a tourné court, zéro!»

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«Le duel a tourné court, zéro»
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Les abandons des deux stars du sprint mondial Alessandro Petacchi et Mario Cipollini, vendredi avant même le départ de la 6e étape, ont semblé mettre en colère les organisateurs de l'épreuve. «C'est le bide de la première semaine», a confié Christian Prudhomme, le directeur-adjoint du Tour. «On s'attendait à un duel entre les deux ou en tout cas on s'attendait à ce que Petacchi soit devant: Petacchi, Cipollini, eh bien le duel a tourné court, zéro!»

La déception est d'autant plus grande que le sprinter italien de la Fassa Bortolo Alessandro Petacchi arrivait sur le Tour auréolé de neuf victoires d'étape lors du dernier Giro. «Encore une fois, Petacchi n'a pas existé dans le Tour de France. J'avais même envie de vous dire Alessandro qui?», a lancé M. Prudhomme.

On ne peut être et avoir été

Le constat est également amer à l'égard de Mario Cipollini, qui avait promis aux organisateurs de terminer le Tour. «On espérait que l'immense sprinter qu'il a été puisse se retrouver au moins un jour», a justifié M. Prudhomme. «Il y a toujours deux catégories de sprinters. Des gars comme Zabel, qui sont des excellents sprinters, très rapides, mais qui vont jusqu'au bout car ils passent pas mal la montagne. Et puis, il y a la version Petacchi, celle de France en tout cas, puisqu'en Italie, il va jusqu'au bout. Et à la fin de la première semaine, au revoir Monsieur. Moi, je crois que dans le Tour de France, quand on part, il faut vouloir aller jusqu'au bout, sinon ce n'est pas juste vis-à-vis des autres.»

Vendredi matin, Alessandro Petacchi a justifié son abandon. «Hier, après ma chute, je pensais que je pouvais rejoindre l'arrivée sans problème, en me disant que ça irait mieux par la suite», a expliqué le sprinter. «Mais hier soir j'ai dû aller voir le kiné. Il m'a remis le dos en place parce que j'avais très mal. Il m'a dit qu'on verrait au matin, mais je n'ai pas pu m'endormir. Ce matin, je n'arrivais pas à tenir debout, donc ce n'était pas la peine de continuer.»

Son prédécesseur sur le trône mondial du sprint, Mario Cipollini, a également renoncé vendredi à continuer le Tour. Sa blessure à la jambe contractée au Giro s'était rouverte dans l'étape de Wasquehal. Son meilleur résultat depuis le départ de Liège, une 10e place à l'issue de la deuxième étape, et son classement général (116e) lui ont peut-être rappelé cruellement qu'à 37 ans, on ne peut être et avoir été.

© Les Sports 2004