Tom Boonen au nom des siens

ERIC DE FALLEUR
Tom Boonen au nom des siens
©BELGA

ENVOYÉ SPÉCIAL À ANGERS

Dans le cri de joie poussé par Tom Boonen en franchissant la ligne d'arrivée, hier à Angers, il y avait aussi un grand ouf de soulagement. C'est toute l'équipe Quick Step-Davitamon qui a d'ailleurs crié victoire hier. Catalogué au départ de Liège comme celui qui allait se payer le scalp de Petacchi, Tom Boonen avait connu d'emblée des ennuis mécaniques qui ruinèrent ses espoirs lors des deux premiers sprints.

Répercutés par la presse, ses problèmes prirent des proportions considérables, notamment en Flandre, ce qui eut le don d'en rendre nerveux certains au sein de l'équipe de Patrick Lefevere, à commencer par les mécaniciens qui se sentaient évidemment coupables. «J'ai toujours préconisé que la panique était mauvaise conseillère et dans ce cas-ci particulièrement » expliquait Patrick Lefevere. «A 23 ans, Tom a fait preuve de beaucoup de sang froid. Toute l'équipe a toujours cru en lui et il vient de prouver que ces problèmes étaient dus à la malchance et que ce n'était pas des excuses. J'ai toujours dit que le Tour se termine à Paris, pas après deux étapes. Il fallait attendre avant de dresser un bilan négatif..."

Stefano Zanini, le poisson pilote du grand Campinois, saluait le succès de son jeune équipier. «Je suis très content de ce succès, disait le colosse varésan. Tom le mérite et toute l'équipe a travaillé très fort pour lui. Dans la finale, c'était mon boulot de le conduire le plus près possible de la ligne dans les meilleures conditions, mais avant cela, tous les autres ont effectué leur part d'effort. C'est la victoire de Tom, mais aussi celle de toute l'équipe».

Et Patrick Lefevere d'embrayer en envisageant déjà d'autres succès pour le Campinois. «C'est toujours la première victoire qui est la plus dure à conquérir, disait encore le Flandrien. Il aura encore quelques possibilités d'ici à Paris. C'est son quatorzième succès de la saison. Pour un coureur de son âge, je dis chapeau!» Un peu à l'écart, Wilfried Peeters buvait du petit lait. «J'avais un peu peur en voyant le profil de l'arrivée sur le livre de route, mais finalement c'était sans doute moins dur que prévu, disait le directeur sportif de Quick Step-Davitamon. Sans la chute collective d'hier (NdlR: jeudi) qui a permis aux échappés d'aller au bout, il aurait déjà peut-être gagné son étape».

© Les Sports 2004