Médaille belge plongée dans l'EPO

Filip Meirhaeghe, l'une des principales chances belges de médaille aux Jeux d'Athènes, a confirmé, jeudi matin, qu'il mettait immédiatement un terme à sa carrière. Relativement détendu malgré les circonstances, le vététiste avait choisi un motel flandrien pour annoncer sa décision et, surtout, les raisons qui la motivent. Après avoir salué l'assemblée, il s'est lancé dans un monologue pour le moins clair. «A 33 ans, j'arrête définitivement les frais! dit-il.

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David Lehaire

Filip Meirhaeghe, l'une des principales chances belges de médaille aux Jeux d'Athènes, a confirmé, jeudi matin, qu'il mettait immédiatement un terme à sa carrière. Relativement détendu malgré les circonstances, le vététiste avait choisi un motel flandrien pour annoncer sa décision et, surtout, les raisons qui la motivent.

Après avoir salué l'assemblée, il s'est lancé dans un monologue pour le moins clair. «A 33 ans, j'arrête définitivement les frais! dit-il. En revenant d'un stage aux Etats-Unis, en début de semaine, j'ai appris que j'avais été l'objet d'un contrôle positif à l'EPO. Le contrôle s'est déroulé le 25 juin, à Mont-Sainte-Anne, au Canada, deux jours avant la manche de Coupe du Monde qui s'y disputa (et que Meirhaeghe gagna). J'assume l'entière responsabilité de ce qui m'arrive. Je suis un humain avec son lot d'erreurs. J'ai commis une faute stupide parce que j'avais fait de la médaille d'or olympique une obsession.»

Après Christophe Brandt (méthadone) et Dave Bruylandts (EPO), Filip Meirhaeghe est donc le troisième cycliste belge contrôlé positif en quelques semaines. Ce qui commence vraiment à faire beaucoup. Mais Meirhaeghe a, au moins, le mérite de l'honnêteté.

«Je ne vois pas pourquoi j'inventerais n'importe quelle excuse. C'est seul que j'ai pris cette décision stupide. Je ne l'ai dit à personne, pas même à mes proches et à ma copine Susan.»

En perdant Meirhaeghe, le VTT belge perd celui qui était considéré jusqu'ici comme un véritable exemple. Toujours disponible et souriant, le Flandrien était un homme charismatique. Aujourd'hui, le sentiment général qui prévaut est un mélange de déception et d'incompréhension. Si la Flandre d'en bas devait placer un sportif au-dessus de tout soupçon, c'était bien lui. S'il peut se montrer fort en certaines occasions, l'être humain peut facilement perdre la tête sous le poids de certains enjeux. C'est probablement ce qui a poussé Meirhaeghe à commettre l'irréparable. «Il y a sept semaines, alors que j'étais en stage en Autriche, j'ai pris la décision d'entamer une cure d'EPO. C'était vraiment stupide mais je ne peux pas revenir en arrière. Ma carrière s'arrête sur cette mauvaise note mais je tiens à remercier ceux qui m'ont soutenu durant celle-ci.»

Que d'aucuns mettent désormais sur le compte du dopage ses très bons résultats obtenus depuis plusieurs années, voire carrément la médaille d'argent décrochée à Sydney, paraît inévitable même si l'intéressé dit «n'y avoir pas touché avant ce séjour en Autriche».

Le 28 août, lorsque Roel Paulissen défendra seul les couleurs de la Belgique, Filip Meirhaeghe regrettera à coup sûr son geste. «Ma vie publique est terminée. Ne me demandez pas ce que je vais faire maintenant. Je sens un grand vide autour de moi.»

© Les Sports 2004