Le bras de fer Dedecker-Lefevere

Derrière le grand chambardement qui a ébranlé la maison Quick Step, hier, avec des perquisitions qui n'ont visiblement touché aucun de ses coureurs mais bien une série de cyclistes amateurs qui seraient liés au soigneur Johann Molly (qui officie effectivement au sein de l'équipe Quick Step), il y a le sénateur Jean-Marie Dedecker.

J.Gil.

Derrière le grand chambardement qui a ébranlé la maison Quick Step, hier, avec des perquisitions qui n'ont visiblement touché aucun de ses coureurs mais bien une série de cyclistes amateurs qui seraient liés au soigneur Johann Molly (qui officie effectivement au sein de l'équipe Quick Step), il y a le sénateur Jean-Marie Dedecker.

Les perquisitions d'hier viennent d'ailleurs d'une enquête menée par le parquet de Courtrai suite aux déclarations de Dedecker, qui avait jeté un fameux pavé dans la marre, en septembre dernier, avant le Mondial (et les élections d'octobre), en affirmant que "trois coureurs parmi les meilleurs Belges avaient dépensé 24000 euros pour suivre une préparation (des cures de dopage) en Italie avant d'entamer la saison 2006."

Sans citer de nom, l'ancien entraîneur fédéral de judo avait même constitué un dossier "contenant des preuves" qu'il avait remis à Johan Sabbe, le magistrat référence en matière de trafic d'hormones. Ce dossier a ensuite abouti entre les mains du parquet de Courtrai, qui a mené les perquisitions d'hier.

"L'enquête a démarré il y a plus ou moins six mois suite à mes affirmations, explique le sénateur. Ce qui m'importe le plus, c'est l'intégrité du monde du cyclisme. Et aussi la santé des sportifs. Depuis les années nonante, il y a eu 21 cas de décès par dopage. Les bornes sont dépassées. Avec cette affaire, on est dans le bon chemin, mais ceci n'est seulement que le sommet de l'iceberg."

Les déclarations de Jean-Marie Dedecker ont également mené en janvier dernier aux affirmations du quotidien Het Laatste Nieuws, présentant, via plusieurs témoignages anonymes pour le moins scabreux, Patrick Lefevere comme un grand gourou du dopage en Belgique.

Autant de données qui font que Jean-Marie Dedecker et Patrick Lefevere sont entrés dans un long bras de fer. Le manager de Quick Step, qui est par ailleurs président de l'Association des Groupes Sportifs Professionnels, a ainsi cité (tout comme Celio, l'agence qui défend notamment l'image de Tom Boonen) le sénateur en justice pour calomnies et diffamations suite à ses déclarations de septembre.

Patrick Lefevere lui réclamait 25000 euros de dommages et intérêts, à titre provisionnel, pour une éventuelle perte d'un contrat. Tandis que de son côté, Jean-Marie Dedecker, bien décidé à aller au clash avec Lefevere, réclamait la même somme pour procédure téméraire et vexatoire, estimant qu'il n'avait visé personne.

Cette affaire sera plaidée le 10 septembre. Avant, sans doute, de nouvelles prises de becs.