Un seul Schleck sur le podium ?

Andy Schleck n’a pas tourné autour du pot, hier, en conférence de presse. Pour lui (comme pour son frère d’ailleurs), tout reste à faire.

Philippe Van Holle (Envoyé spécial à Montpellier)
Un seul Schleck sur le podium ?
©Photonews

Andy Schleck n’a pas tourné autour du pot, hier, en conférence de presse. Pour lui (comme pour son frère d’ailleurs), tout reste à faire.

Andy, à moins d’une semaine de l’arrivée à Paris, le Tour est plus ouvert que jamais.

C’est vrai, mais les étapes, jusqu’ici, n’ont pas fait de grandes différences. C’était dur mais on n’a pas encore assisté à la grande bagarre des favoris. Il y a cinq ou six coureurs qui peuvent encore prétendre gagner le Tour.

Que pensez-vous de Thomas Voeckler ?

Il m’étonne. On entend toujours que le maillot jaune donne des ailes et Thomas est le parfait exemple de ce genre de chose. Il est fort, il est en forme. Il faut voir comment il va survivre aux Alpes. Et le chrono, ce n’est pas trop sa spécialité.

Pourquoi n’y a-t-il pas eu de véritable affrontement entre les favoris de ce Tour ?

On a passé les Pyrénées mais il n’y a eu que deux arrivées au sommet, à Luz-Ardiden et au Plateau de Beille. Les ascensions en milieu d’étape, ça ne compte pas vraiment : les favoris ne vont pas se faire la bagarre là. Cela dit, entre celui qui va gagner le Tour et celui qui terminera 5e, il n’y a pas une grosse différence. Le niveau est sensiblement le même. Les favoris attendent, attendent, et il viendra bien une journée qui fera la différence.

Les Alpes se résumeront-elles aux ascensions de Serre Chevalier et de l’Alpe d’Huez, assistera-t-on de nouveau à deux courses de côte, comme à Luz-Ardiden et au Plateau de Beille ?

Non ? Je ne pense pas. J’ai reconnu l’étape de Gap, le col de Manse, ça monte bien à la fin; mais, le plus dangereux, c’est la descente. Pour moi, ce n’est pas nécessaire de faire une arrivée comme ça, avec des chutes toujours possibles dans cette descente. Puis, il y a l’étape vers Pinerolo, c’est une étape dure, mais là encore, je ne peux pas donner de crédit à ASO de faire une arrivée comme ça. C’est ridicule ! S’il pleut, on verra encore des mecs atterrir à l’hôpital; c’est pratiquement une piste cyclable dans la forêt. Je l’ai faite à l’entraînement, trois fois ! C’est dangereux et je ne veux pas que le Tour se joue sur une chute. Après il restera le Galibier et l’Alpe d’Huez, qui doivent vraiment faire la différence.

Alors, dans ce contexte où les favoris se valent, qui doit attaquer ?

C’est une question que chacun doit se poser à lui-même. Si je regarde comment moi j’ai roulé dans les Pyrénées, je n’étais pas derrière, je ne me suis pas contenté de regarder les autres. J’ai quand même attaqué dans les deux grosses étapes. Si Alberto (Contador) veut gagner le Tour, il doit attaquer. Et je vous assure qu’il veut le gagner, sinon il ne serait pas 6e au classement. Je pense en outre que Samuel Sanchez est un autre candidat sérieux. Et lui aussi doit attaquer. Ivan Basso est un autre client dont il faut se méfier.

Pensez-vous que Voeckler puisse enchaîner les cols ?

Je crois que les Alpes seront plus difficiles pour lui que les Pyrénées. Pour le moment, il est fort. Personnellement, je n’aurais jamais cru qu’il pouvait être à ce niveau. La question que vous me posez, je me la pose aussi à moi-même et je ne peux donc pas vraiment y répondre. Voeckler n’est pas un vrai grimpeur, c’est l’un des plus forts de ceux qui sont devant pour le moment, mais ce n’est pas un pur grimpeur, et ça, c’est un désavantage pour lui. Une chose est sûre : on ne va pas le laisser partir dans une échappée.

Alors quelle sera votre stratégie ? Est-ce vous ou Frank qui, le jour J, fera la différence ?

Le meilleur attaquera : on sait qu’on ne peut pas gagner le Tour tous les deux, en tout cas dans la même année. Après, on verra comme on est dans la montagne, j’aime bien prendre les décisions sur l’instant, pas par rapport à un schéma établi à l’avance. Il faut que je sente comment tourne la course. Bien sûr, Frank, moi et les autres, on en discute, on fait un meeting avant l’étape, et, fatalement, on dresse le scénario idéal, mais c’est toujours le coureur qui, au moment ad hoc doit prendre la décision. Et si je sens quelque chose, croyez-moi, la décision, je la prendrai. Enfin peut-être moi, ou peut-être mon frère, pour l’instant, on ne peut pas le dire.

Honnêtement, vous vous voyez comment, Frank et vous, sur le podium à Paris ?

Je ne nous vois en tout cas pas tous les deux dessus. Je n’en vois qu’un seul et en jaune !

Basso aurait dit qu’il ne comprenait pas votre tactique, que vous n’arriviez pas à isoler Contador ?

Non, Ivan n’a pas dit ça, c’est un journaliste qui a mal interprété ses mots, parce qu’ils ont parlé en anglais et que son anglais (celui de Basso) n’est pas bon. J’en ai discuté hier avec lui et Basso m’a dit qu’il n’avait pas tenu exactement ces propos-là, je connais bien Ivan, il n’aurait jamais osé dire un truc pareil.

Pourquoi, au fond, n’avez-vous pas cherché le KO ?

Peut-être qu’on ne voulait pas encore le KO. C’était très tôt dans le Tour. Le maillot jaune, c’est à Paris qu’il faut l’avoir, pas une semaine avant. Je l’avais une semaine avant l’an passé, et j’aimerais changer un peu. L’avoir à la fin. Non, vraiment, peut-être qu’on ne voulait pas avoir le grand KO.

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