Tour de France: une carte à regarder de près, pas un cadeau à Gilbert

La carte officielle du Tour de France 2012 est dévoilée mardi en milieu de journée à Paris par son directeur Christian Prudhomme qui a promis des surprises pour la prochaine édition du 30 juin au 22 juillet.

AFP
Tour de France: une carte à regarder de près, pas un cadeau à Gilbert

Première surprise, involontaire de la part des organisateurs de la Grande Boucle, les noms des villes-étapes ont été plus ou moins connus voici une semaine. Un défaut de sécurité informatique a permis à un internaute de publier une liste qui reste à officialiser.

Mais l'essentiel réside ailleurs, dans le profil de la course, son rythme et ses difficultés. "S'il est un Tour qui nécessite de connaître les détails, c'est bien celui-ci", a confié récemment Christian Prudhomme, conforté dans ses choix par le succès de l'édition 2011, une réussite sportive comme le Tour n'en avait plus connu depuis longtemps.

Dans sa volonté de bousculer les habitudes, le directeur du Tour veut éviter tout ce qui pourrait ressembler à un calque. Il entend "élargir le champ des possibles", suivant une formule qui lui est chère. Il entend multiplier les possibilités de confrontation et contraindre les favoris à se livrer sur d'autres terrains que les rendez-vous obligés (contre-la-montre, arrivées au sommet).

L'option de la moyenne montagne

Dès lors, l'option qui semble avoir été prise pour 2012, celle de la moyenne montagne, relève de la logique. Les massifs intermédiaires, si longtemps réduits à la portion congrue sur le Tour, si mal utilisés par les leaders, sont à l'honneur sur la carte officieuse de juillet prochain. Dans les premières rangs de la grande salle du Palais des Congrès, où prennent place les coureurs, la surprise risque d'être grande... surtout pour ceux qui connaissent mal la géographie du pays. L'Espagnol Alberto Contador et l'Australien Cadel Evans, les deux derniers vainqueurs de la plus grande course du monde, le Luxembourgeois Andy Schleck et le héros de juillet dernier, le Français Thomas Voeckler, tous auront matière à réflexion si les intentions des organisateurs se vérifient.

Pour l'heure, les seules certitudes avérées tiennent au départ (un contre-la-montre de 6,1 km) fixé à Liège, huit ans après le beau succès populaire obtenu dans la cité de Wallonie, et à l'étape suivante (Seraing), ainsi qu'à l'arrivée traditionnelle sur les Champs-Elysées.

Promesse d'ouverture

Le reste est à confirmer, qu'il s'agisse d'une première semaine dans le Nord (Boulogne), la Normandie (Rouen), la Picardie (Saint-Quentin) et la Lorraine (Metz) pour rejoindre les Vosges et le site inédit de la Planche des Belles Filles, la seule station de ski de la Haute-Saône. Le Jura devrait être mis en valeur (la ville suisse de Porrentruy, Bellegarde-sur-Valserine) avant les Alpes (La Toussuire) et la traversée-express du Midi (Le Cap d'Agde). Les Pyrénées, le second grand massif visité en juillet prochain, seront privilégiées si l'on se fie aux rumeurs circulant du côté d'Issy-les-Moulineaux, siège d'ASO (Amaury sport organisation). Mais quels cols seront franchis pour rejoindre Foix, Pau, Luchon et la station de Peyragudes ? Ce Tour qui paraît accorder une plus large place aux contre-la-montre individuels (Besançon avant la haute montagne, Chartres à la veille de l'arrivée) par rapport aux années précédentes, s'anonce atypique. Entre des éditions historiques (le centenaire des Pyrénées en 2010 puis des Alpes en 2011, le centième Tour en 2013), c'est au minimum une promesse d'ouverture, plus sûrement un gage de grande excitation.

Pas de cadeau à Gilbert

Le changement du site d'arrivée de la première étape du Tour de France 2012, à Seraing dans les faubourgs de Liège, ne doit rien à Philippe Gilbert, assurent ses organisateurs en démentant les commentaires parus ces dernières semaines en Belgique. Seul fait établi, la ligne d'arrivée a été déplacée sur les hauteurs de Seraing, au bout d'une montée de près de 1500 mètres. "Mais ce n'est évidemment pas lié à la présence ou non de Philippe Gilbert", déclare le directeur sportif du Tour, Jean-François Pescheux, qui rejette catégoriquement l'hypothèse selon laquelle la Grande Boucle aurait ainsi fait les yeux doux au champion des classiques, le "régional" de ce Grand départ en Wallonie.

"Nous avons changé car, lors de la reconnaissance détaillée, nous nous sommes rendus compte que l'arrivée, probablement au sprint, était installée en faux-plat descendant. Il n'était pas question de prendre des risques pour une première étape, alors que le peloton est encore très fourni", ajoute le responsable sportif du Tour. Les organisateurs ont opté pour un autre site qui présente de surcroît l'avantage d'éviter la répétition des sprints massifs sur le plat. "Dans la première semaine, on essaye de varier les plaisirs", confirme Jean-François Pescheux. "Il faut qu'il y ait des occasions pour les différents types de coureurs".

A l'exemple de la première semaine du Tour 2011, dont la première étape (au Mont des Alouettes) avait été enlevée haut la main par Gilbert avant que les sprinteurs dictent leur loi (Farrar, Cavendish, Boasson Hagen).