Pierre-Yves Hardenne: un amateur privilégié

La silhouette affûtée et le visage taillé à la serpe pourraient être ceux d’un coureur professionnel. Il faut dire que la pratique cycliste de Pierre-Yves Hardenne ne s’éloigne pas énormément du quotidien d’un pro. Véritable mordu de cyclisme, l’ex-mari de Justine Henin enfourche ainsi son vélo chaque jour et parcourt pas moins de 20 000 kilomètres par saison.

Quentin Finné
Pierre-Yves Hardenne: un amateur privilégié
©Bauweraerts

Entretien

La silhouette affûtée et le visage taillé à la serpe pourraient être ceux d’un coureur professionnel. Il faut dire que la pratique cycliste de Pierre-Yves Hardenne ne s’éloigne pas énormément du quotidien d’un pro. Véritable mordu de cyclisme, l’ex-mari de Justine Henin enfourche ainsi son vélo chaque jour et parcourt pas moins de 20 000 kilomètres par saison.

Comment est née cette passion dévorante pour le cyclisme ?

C’est une discipline que j’ai découverte sur le tard. Après mon divorce, j’avais besoin de me laver la tête, de m’aérer l’esprit. Je n’étais pas bien à cette période. Un ami monégasque m’a invité sur une sortie collective et m’a prêté un vélo en me vantant le côté convivial de ce sport. Dès le lendemain, je commandais une bicyclette. Le coup de foudre a été immédiat.

Quel était votre passé sportif ?

J’ai fait du judo plus jeune ainsi que du tennis, évidemment, et de la course à pied ensuite, juste avant de découvrir le vélo. Je voulais préparer un marathon, mais je me suis blessé juste avant de participer à celui de Paris.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans le cyclisme ?

Sa dimension conviviale. C’est un sport que l’on peut partager avec des pratiquants de tous les niveaux. L’arrière-pays monégasque, où je réside la plus grande partie de l’année, est, de plus, un formidable terrain de jeu.

S’agissait-il d’une discipline à laquelle vous vous intéressiez déjà plus jeune ?

Oui mais ma culture cycliste se limitait, à peu de choses près, au Tour de France. Je suis depuis toujours un grand fan de Lance Armstrong. Sa force de caractère et sa capacité à se remettre en question pour durer dans le temps imposent le respect. C’est pour cette raison que je roule toujours sur des vélos Trek, la marque qui équipait l’Américain.

Quelle est aujourd’hui votre pratique ?

Elle est quotidienne. Pour que je ne roule pas, il faut vraiment que des éléments comme la météo ou un voyage m’en empêchent totalement. C’est quelque chose qui fait désormais partie intégrante de mon équilibre. Lorsque je suis en déplacement et que je loge alors à l’hôtel, j’emmène mon vélo dans le coffre de la voiture ainsi que mon home-trainer pour pouvoir m’offrir une heure de rouleau le soir dans la chambre.

Cette assiduité est-elle motivée par une quête de performance ?

Non pas du tout. Je n’ai jamais résumé cette pratique à une quelconque recherche de résultats. C’est avant tout dans un souci de bien-être. Ce sport est très sain. Je trouve qu’après avoir roulé, on ressent une profonde sérénité. On dort bien, on mange bien, bref, c’est le bonheur au naturel. C’est dans cette visée que je maintiens cette constance. Et si je n’ai pas ma ration de vélo, cela ne se passe pas bien

Cela représente donc combien de kilomètres par an ?

Je suis à un peu plus de 20 000 bornes je crois. Et si vous préférez parler en volume horaire hebdomadaire, cela représente de 10 à 15 heures par semaine au minimum.

Vous entretenez désormais des relations privilégiées avec certains coureurs professionnels à Monaco. Comment ces liens sont-ils nés ?

De manière très naturelle. A Monaco, le monde est petit et en roulant, on est très souvent amené à croiser la route des pros. De fil en aiguille, des relations privilégiées se sont ensuite installées.

Vous entretenez ainsi une réelle amitié avec Philippe Gilbert.

Oui, je crois qu’on peut le dire ainsi. J’ai d’abord rencontré Gert Steegmans et Tom Boonen, avec qui je roulais régulièrement, et c’est ce dernier qui m’a présenté à Phil lors de son arrivée à Monaco en me disant "voilà un nouveau compatriote". Je le connaissais déjà de nom évidemment.

Aujourd’hui, peut-on dire que vous vous côtoyez régulièrement ?

Aussi souvent que possible en tout cas et dès que Philippe est à Monaco et que ses entraînements lui permettent de venir partager une sortie avec nous, les cyclos. Il me passe alors un petit coup de fil pour que nous nous retrouvions sur la route. Il s’agit pour lui de sorties de décontraction.

De combien d’éléments se compose alors le groupe qui prend la roue de Philippe Gilbert ?

Disons qu’au départ, nous sommes environ 5 à 6 cyclistes, mais, au fil des kilomètres, notre groupe se transforme en un vrai peloton. Avec le maillot distinctif qu’il porte, beaucoup de cyclos que nous croisons font alors demi-tour pour se joindre à nous.

Avec quels autres coureurs partagez-vous également des sorties ?

Il m’arrive de rouler avec Thor Hushovd. Quelques jours avant les Championnats du Monde, nous avions ainsi réalisé une sortie de 180 ou 190 bornes en compagnie de Phil.