Mondiaux de cyclisme: l'équipe belge sans surprise mais avec ambition

Kevin De Weert a articulé sa sélection pour le Mondial autour de Van Avermaet. Philippe Gilbert, lui, n'en sera pas. Entretien avec le jeune sélectionneur national.

Entretien d'Eric De Falleur
Belgian Philippe Gilbert and Kevin De Weert, coach of the Belgian national cycling team pictured in action during a training session of team Belgium at the European road Cycling championships in Plumelec, France, Friday 16 September 2016. BELGA PHOTO ERIC LALMAND
Belgian Philippe Gilbert and Kevin De Weert, coach of the Belgian national cycling team pictured in action during a training session of team Belgium at the European road Cycling championships in Plumelec, France, Friday 16 September 2016. BELGA PHOTO ERIC LALMAND ©BELGA

La Belgique ira au prochain championnat du monde avec l’ambition de conquérir un 27e titre chez les professionnels. Nos compatriotes seront neuf à disputer la course suprême, le dimanche 16 octobre, avec l’espoir qu’un des nôtres succède à Philippe Gilbert, dernier Belge à avoir revêtu le maillot arc-en-ciel. Dans l’équipe qu’alignera Kevin De Weert, il n’y a pas de surprise. Le jeune sélectionneur national nous en parle.

Que pensez-vous de l’équipe ?

Pour moi, évidemment, elle semble idéale. Dès le début de saison, j’ai eu des noms en tête, en me disant que s’il n’y avait pas de pépins, ce seraient les gars pour mon équipe. À l’une ou l’autre exception, ils sont tous là. Ni Boonen, ni Van Avermaet, n’ont eu d’exigence, je leur ai fait part de mes choix, ils les ont acceptés. La plupart d’entre eux sont prévenus depuis longtemps qu’ils pourraient être du voyage. Ils se sont préparés en conséquence et on le voit avec les récents résultats.

Comment avez-vous géré les absents ?

On avait discuté franchement en début de saison avec Philippe Gilbert. Il voulait disputer les Jeux et l’Euro, initialement prévu à Nice. Il a rapidement décliné l’idée d’aller au Qatar. Pour Sep Vanmarcke, le problème est ailleurs. Il attend toujours la naissance de son bébé et, pour cela, il n’a couru ni la Vuelta, ni les courses du Canada. Depuis, il est tombé malade, ce qui l’a empêché de disputer l’Eneco Tour… Tiesj Benoot aurait pu être du voyage. Sportivement, il méritait sa place, mais il faut prendre en compte un paramètre important, la chaleur. L’an dernier, Tiesj avait couru les Jeux européens à Baku et il avait souffert de la météo un peu comparable. Il est un peu comme Tim Wellens. Comme équipiers, j’aurais pu prendre aussi dans le clan Etixx, Julien Vermote, voire Yves Lampaert. Yves va courir le chrono par équipes et le contre-la-montre individuel. Julien, lui, n’a jamais disputé le Tour du Qatar. Avec ses seize succès, Timothy Dupont est entré en ligne de compte, je l’avoue.

Quelles seront vos ambitions ?

On va pour gagner, mais nous ne sommes pas l’équipe favorite. Cela ne veut pas dire que l’on partira sans ambition. Nous avons deux leaders sur le même pied, Tom Boonen, d’un côté, et Greg Van Avermaet de l’autre. Les sept autres sont à des degrés divers à leur service et peuvent, s’il le faut, pour certains, constituer d’excellents plans B.

Et votre tactique ?

Nous ne disposons pas d’un pur sprinter aussi rapide que certains coureurs étrangers le sont. Donc, nous devons durcir la course dès son début. Profiter notamment du vent qui devrait souffler dans la première partie de l’épreuve, lorsque nous serons dans le désert. Pour nous, c’est la partie la plus importante, ces 150 premiers kilomètres. Pour cela, nous devons trouver des formations complices, les Pays-Bas par exemple, des coureurs capables de créer des éventails, des bordures… Après, la course se jouera toujours sur le circuit local, sur les cent derniers kilomètres. Contrairement à ce qui fut le cas par le passé ou à Rio, on roulera avec les oreillettes.