Le parcours du Mondial de cyclisme? "Un circuit de Formule 1" (VIDEOS)

Le sélectionneur Kevin De Weert a reconnu le tracé de The Pearl en notre compagnie.

Doha - Qatar - wielrennen - cycling - radsport - cyclisme - illustration - sfeer - illustratie Anna Turvey pictured during ITT women Time Trial Individual of the UCI Road World Championships 2016 in Qatar - photo LB/RB/Cor Vos © 2016 © Photo News
Doha - Qatar - wielrennen - cycling - radsport - cyclisme - illustration - sfeer - illustratie Anna Turvey pictured during ITT women Time Trial Individual of the UCI Road World Championships 2016 in Qatar - photo LB/RB/Cor Vos © 2016 © Photo News ©Photo News
Finné Quentin

Le sélectionneur Kevin De Weert a reconnu le tracé de The Pearl en notre compagnie.

Situé au nord-est du centre-ville de Doha, le chapelet d’îles artificielles de The Pearl est l’une des nombreuses folies de cette ville de la démesure. Réalisé après l’acheminement de plusieurs milliers de tonnes de sable, ce gigantesque projet immobilier aura coûté la bagatelle de… 10 milliards € ! Un quartier cossu, prisé des nombreux expatriés, où l’on passe en quelques mètres d’une reproduction d’un pont vénitien à un complexe résidentiel faisant songer à la Californie.

C’est là qu’a été tracé le circuit local de ce Mondial après que des travaux (la construction d’un métro pour la prochaine Coupe du Monde et un tunnel routier traversant la ville) ont contraint les organisateurs à revoir leur plan initial.

Dans la foulée d’une grande boucle de 150 kilomètres dans le désert, les Élites avaleront dimanche (si la chaleur ne contraint pas à une diminution du kilométrage total) 7 tours d’un circuit de 15,2 km que le sélectionneur national Kevin De Weert a accepté de reconnaître en notre compagnie… et sur le vélo.

"C’est peut-être incongru de présenter la chose comme telle, mais pour nous Belges, c’est davantage la partie désertique de ce Mondial qui sera importante", sourit celui qui a pris le relais de Carlo Bomans à la tête de notre équipe. "Les coureurs habitués à disputer le Tour du Qatar connaissent l’essentiel des routes que nous y emprunterons et le passage à côté d’Al Khor où une première décision pourrait se dessiner. Comme le reste du tracé, le circuit de The Pearl est plat comme la main. Sans aucun doute l’un des plus faibles dénivelés de l’histoire du rendez-vous arc-en-ciel. Mais attention, cela ne veut pas dire que la course sera facile ! Avec ses nombreux ronds-points, il est extrêmement technique et me fait un peu penser au parcours d’un critérium ou à un circuit de… F1 !"

En selle pour une analyse au microscope.


1. L'entrée sur le circuit local: "Durcir bien avant"

"Ce n’est un secret pour personne, nous ne comptons pas le sprinter le plus rapide du peloton dans nos rangs. La pointe de vitesse de Tom et de Greg ne s’exprime jamais aussi bien qu’après une course usante. Il nous faudra donc exploiter le vent qui, je l’espère, soufflera lors de la boucle de 150 kilomètres dans le désert et durcir la course très tôt. Les bourrasques viennent, en général, du nord-est ou nord-ouest. Cela veut dire de dos tout au long de la phase du retour vers le circuit local : il n’y a rien de plus propice à la création de bordures. (sourires) Au moment où la meute entrera sur le circuit local, j’espère que le peloton ne sera déjà plus au complet. Mais il restera alors encore 106 bornes."



2. Les ronds-points: "Courir à l’avant"

"Il y, au total, 24 ronds-points sur le circuit local de The Pearl. C’est énorme ! Certains sont traversés de part en part mais sur d’autres, on effectue parfois un demi-tour complet qui fera considérablement retomber la vitesse. Cela signifie qu’il y aura énormément de relances et que cela usera de plus en plus les organismes au fil des tours. Il faudra impérativement courir à l’avant pour éviter de devoir sans cesse faire l’élastique. Les coureurs devront trouver le juste équilibre entre un bon positionnement pour aborder chaque virage au mieux et un placement qui les place aussi à l’aspiration du reste du groupe afin de s’économiser. Une équation clé."


3. Les ralentisseurs: "Attention danger"

"Deux ralentisseurs, très prononcés, constituent le seul danger de ce circuit. Pour un coureur pro, cela ne constitue normalement pas un problème de le négocier à pleine vitesse, mais il faudra tout de même se rappeler leur présence à chaque tour. Une petite bande d’asphalte placée juste avant ces deux dos d’âne (NdlR : que les suiveurs ont déjà rebaptisé le chameau) aurait considérablement atténué leur effet, mais ce n’est rien de trop grave. C’est surtout dans la voiture que nous risquons d’être sacrément secoués dans la finale…" (rires)



4. Les ravitaillements: "S’hydrater ? Essentiel"

"L’organisation a eu la bonne idée de placer deux ravitaillements sur la grande boucle dans le désert et deux sur le circuit local. Cela signifie que les coureurs pourront attraper un bidon tous les sept kilomètres dans les cent dernières bornes. On en a assez parlé depuis l’ouverture de ce Mondial, s’hydrater sera essentiel. Les Élites avaleront entre 10 et 12 litres sur les six heures de course. La zone de ravitaillement est, traditionnellement, un endroit où il faut redoubler de vigilance. Des gars se débarrassent de leurs bidons vides quand d’autres sortent de leur ligne pour en saisir un. "


5. Le bord de mer: "Trop court pour une bordure"

"Durant un peu plus de trois kilomètres, on se retrouve en bord de mer (NdlR : où le peloton passera face à l’une des nombreuses maisons de l’émir Al Thani, aisi qu’une maison particulière reproduisant le célèbre opéra de Sydney) assez exposé au vent qui peut être présent à cet endroit car aucune construction ne protège la chaussée des bourrasques à cet endroit. Il sera toutefois pratiquement impossible d’y faire une bordure car ce tronçon est trop court pour cela. Cette manœuvre ne sera possible que dans le désert. Ce tronçon en bordure du Golfe arabe pourrait toutefois être un endroit stratégique et décisif pour les attaques dans le final car on est alors dans les cinq derniers kilomètres du circuit."


6. Le dernier virage: "Attentif au placement"

"Le dernier virage délicat se situe à un peu plus d’un kilomètre de la ligne d’arrivée. Le peloton tourne alors à près de 180 degrés dans une courbe qui se décompose en deux parties et peut être avalée à assez haute vitesse. Pour cela, il est important d’être placé dans les premières positions. La bagarre, en cas d’arrivée groupée, s’y annonce dès lors solide. Il faudra très certainement jouer des coudes. Si le titre mondial venait à se jouer au sprint, il est préférable que l’un de nos hommes rapides puisse alors encore compter sur un ou plusieurs équipier(s) pour le positionner au mieux. "


7. La ligne droite finale: "Montant sur les 150 derniers mètres"

"Après le dernier virage évoqué plus haut, la chaussée est en léger faux-plat descendant. Cela va permettre d’atteindre une vitesse très importante. Si c’est un gros groupe qui est amené à se jouer la victoire finale, les compteurs afficheront très certainement plus de 60km/h. La dernière ligne droite dessine une sorte de longue courbe vers la droite avec les 150 derniers mètres en légère montée. C’est un terrain d’expression rêvé pour les sprinters purs comme Cavendish par exemple, mais j’espère que nous les aurons éliminés avant. (rires) Si le peloton est encore compact, il y a suffisamment de place pour mettre en place un train destiner à catapulter le dernier wagon vers la victoire."


Sur le même sujet