Les Belges ont fait la course mais c'est Sagan le champion du monde !

C'est une première: les championnats du monde de cyclisme sur route se sont disputés à 180 kilomètres de la ligne d'arrivée, à la faveur d'un travail collectif belge exceptionnel. Mais dans les 200 derniers mètres, c'est Sagan qui a le mieux fait parler sa vitesse pure.

Les Belges ont fait la course mais c'est Sagan le champion du monde !
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Nicolas Christiaens

C'est une première: les championnats du monde de cyclisme sur route se sont disputés à 180 kilomètres de la ligne d'arrivée, à la faveur d'un travail collectif belge exceptionnel. Mais dans les 200 derniers mètres, c'est Sagan qui a le mieux fait parler sa vitesse pure.

Quelle équipe, quelle démonstration de force ! Incontestablement la meilleure collectivement, la Belgique a décidé de tout, durant ces championnats du monde de cyclisme sur route disputés au Qatar. Comme on pouvait s'y attendre, c'est à 180 kilomètres de l'arrivée, à la faveur d'un changement de direction dans le désert, que l'équipe belge a fait exploser tout le peloton en mettant en place un coup de bordure décisif.

Les Allemands (Kittel, Degenkolb et Greipel), Français (Bouhanni et Démare) mais aussi Gaviria se sont tous fait avoir comme des débutants. Peter Sagan n'est pas passé loin de la correctionnelle puisqu'il reconnaîtra après la course avoir été le tout dernier coureur à s'accrocher au bon wagon lorsque tout a explosé. Dans ce bon wagon, on retrouvait vingt coureurs, dont six Belges : Boonen, Van Avermaet, Naesen, Stuyven, Keukeleire et Roelandts mais aussi Cavendish (avec un seul équipier, Blythe), Kristoff et Boasson Hagen pour la Norvège, Matthews (Australie) et le duo Terpstra-Leezer pour les Pays-Bas. Mais c'est l'Italie qui réussissait le meilleur tir groupé derrière les Belges avec Viviani, Nizzolo, Bennati et Guarnieri.

Dans un second groupe, les Allemands faisaient longtemps de la résistance mais finissaient par abandonner la poursuite dans les 50 derniers kilomètres de course, après plus de trois heures qui ont vu un magnifique duel entre Naesen, Stuyven et Keukeleire, qui faisaient l'essentiel du travail à l'avant, et Greipel, Kittel ou Degenkolb qui n'avaient d'autre choix que de rouler eux-même puisque Tony Martin était dans un 3e groupe... Mais Debusschere et Keisse venaient sans cesse "saboter" leur travail en coupant leurs relais.

On s'attendait alors à voir les Belges dynamiter les deux derniers tours de la course mais la chaleur, et peut-être la confiance de Boonen en son sprint, en ont décidé autrement. Et alors que tout le monde marquait Terpstra pour une attaque dans la finale, c'est finalement son équipier Tom Leezer qui s'isolait en tête de la course sous la flamme rouge. Roelandts devait alors se sacrifier pour Boonen et le regroupement s'effectuait alors que les Italiens lançaient le sprint à 500 mètres du but.

Mais Viviani et Nizzolo coinçaient rapidement pour laisser Tom Boonen s'extirper au centre de la route. Malheureusement pour le champion du monde 2005, il faisait face à deux coureurs plus rapides que lui. Cavendish, sur sa gauche, mais surtout Sagan, sur sa droite, qui s'était bien gardé de produire son effort trop tôt avec le vent de face pour bénéficier d'un meilleur jump dans les cent derniers mètres.

Le Slovaque réussit donc le doublé et prolonge son bail de champion du monde grâce à un succès sur un terrain tout plat, après avoir bénéficié des bosses de Richmond en 2015. Preuve ultime que c'est un coureur tout terrain, sans doute le meilleur du monde actuellement.

Boonen, lui, doit se contenter d'une médaille de bronze après avoir vu son équipe faire un travail de 180 kilomètres pour éliminer de nombreux sprinters. Les Belges n'auront aucun regret ce soir, si ce n'est peut-être celui de ne pas avoir envoyé un Roelandts dans la roue de Leezer à 2 kilomètres de l'arrivée. Pour le reste, ils ont décidé du début à la fin du scenario de la course. Une course qui s'est terminée avec seulement 53 coureurs, malgré le tracé tout plat.


Sagan: "J'espère que cette fois, on pourra fêter ça plus tard que minuit"

Juste après la ligne, le champion du monde slovaque savourait sa victoire: "Ca s'est joué à 180 kilomètres de l'arrivée et j'étais le dernier à intégrer le bon peloton. J'ai eu de la chance. Après, je me suis protégé dans les roues et j'ai pu compter sur mon seul équipier pour me ravitailler et me protéger du vent. J'espère que je pourrai fêter ça plus tard que minuit car l'année dernière, le soir de mon sacre, tout était fermé à Richmond ! Je suis en tout cas content de mon sprint, je suis resté dans les roues le plus longtemps possible car j'avais remarqué que le vent soufflait de face."


Le top 10 de la course :
1. Sagan
2. Cavendish
3. Boonen
4. Matthews
5. Nizzolo
6. Boasson Hagen
7. Kristoff
8. Bonnet
9. Terpstra
10. Van Avermaert

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