L'exclusion de Sagan en 6 questions

Le champion du monde a quitté le Tour après une manœuvre jugée irrégulière.

Quentin Finné

Le champion du monde a quitté le Tour après une manœuvre jugée irrégulière.

Dans l’histoire plus que centenaire du Tour de France, Vittel occupera désormais une place à part et restera comme la ville où Peter Sagan a pris l’eau. En raison d’une manœuvre jugée irrégulière, le champion du monde a été exclu mardi de la plus grande course de la planète. Un véritable coup de théâtre.

1.  Que s’est-il passé ?

Après une première chute qui a considérablement désorganisé le peloton dans la préparation du sprint auquel semblait promise cette 4e étape, Alexander Kristoff emmène les spécialistes à un peu plus de 150 mètres de la ligne. En second rideau, Peter Sagan évolue sur la droite de la chaussée, à environ un mètre des barrières. Une mince ouverture dans laquelle Mark Cavendish tente de s’engouffrer. Le champion du monde ne modifie pas sa trajectoire mais écarte le coude alors que le Britannique est occupé à le remonter. Le coureur de Dimension Data chute en emportant avec lui Degenkolb et Swift.


2.  Que lui est-il reproché ?

Sur la base de l’article 11 du point 12,104 du règlement de l’UCI, le jury des commissaires a choisi d’exclure Peter Sagan du Tour 2017. "Le champion du monde a effectué un sprint irrégulier" , commentait Philippe Mariën, le président belge du jury. "Le règlement nous autorise à exclure un coureur lors d’une faute grave. C’est le cas de celle de Sagan. Le champion du monde a gravement mis en danger Mark Cavendish et d’autres de ses collègues en effectuant une manœuvre que nous avons considérée intentionnelle. Le Britannique n’est pas le premier à avoir touché son adversaire ? Dans un sprint, nous savons que certaines choses se passent inévitablement, mais le geste du Slovaque relève pratiquement du coup."

3. Sagan plaide-t-il coupable ?

À peine la ligne d’arrivée franchie, le coureur de Zilina a pris la direction du bus de la formation Dimension Data de Cavendish afin d’y attendre le Britannique pour s’enquérir de son état de santé. Une main sur l’épaule de son rival, Sagan lui glissa quelques mots avant de s’exprimer très brièvement : "Je ne pense pas avoir commis de faute. Mark est venu de derrière et je n’aurais pas pu le voir. Je regardais devant moi. Il a manoeuvré un peu comme je l’ai fait lors du Mondial à Doha en venant de la deuxième ligne à la différence qu’ici, je me trouvais devant lui..."

4. Pourquoi la décision a-t-elle été aussi longue à tomber ?

Si une première communication faisait état d’un déclassement de la 2e à la 115e place et d’une pénalité de 50 points au classement du maillot vert, le jury choisit ensuite de se réunir à nouveau pour réévaluer sa décision après que les équipes Trek de Degenkolb et Dimension Data de Cavendish portèrent plainte. Entourés de membres de chacune des équipes, le jury analysa à nouveau à de multiples reprises les images et procéda à l’exclusion plus d’une heure et demie après l’arrivée. "Cette décision n’était pas facile à prendre et nous souhaitions revoir les choses posément. Nous avons assez longuement discuté" , commentait Mariën.

5. Le statut de Sagan a-t-il interféré dans la décision ?

"Peu importe l’identité du coureur en faute, notre décision s’est basée sur un règlement" , commentait le président du jury. "Je vous assure que nous aurions posé le même choix si Cavendish, Greipel ou Tartempion étaient en cause. Ce sont les faits qui motivent une décision. Nous avions expressément signifié aux coureurs avant le Grand Départ que nous serions très attentifs aux comportements dans les sprints. Nous ne sommes qu’en première semaine de Tour et il est important de poser certaines limites."

6. Sagan a-t-il mauvaise réputation ?

Si le Slovaque a tout de l’amuseur public et est considéré comme une bénédiction pour le cyclisme par de nombreux observateurs, son image est toute différente dans le peloton. "Il agace de plus en plus de coureurs" , nous avait ainsi glissé un cycliste d’une équipe WorldTour. Lors de la dernière édition de Gand-Wevelgem, Sagan s’était ainsi fait remarqué pour avoir bousculé le Belge Maxime Vantomme dans la montée du Kemmel.