Moins prestigieux mais plus beau que le Ventoux : un show signé Thomas De Gendt

Thomas De Gendt n'en est pas à son coup d'essai, en terme de victoire prestigieuse au terme d'une longue échappée. Mais celle de ce 13 juillet est peut-être le plus grand exploit de sa carrière. Explications.

Moins prestigieux mais plus beau que le Ventoux : un show signé Thomas De Gendt
©Belga
Thomas De Gendt n'en est pas à son coup d'essai, en terme de victoire prestigieuse au terme d'une longue échappée. Mais celle de ce 13 juillet est peut-être le plus grand exploit de sa carrière. Explications.

Ce samedi, Thomas De Gendt a enchaîné les tours de force pour remporter en solitaire, avec six petites secondes d'avance sur ses plus proches poursuivants, une victoire que personne ne lui a laissée. Il a battu ses compagnons d'échappée mais aussi un peloton tout entier, un duo Alaphilippe-Pinot explosif. De Gendt a même vaincu la bêtise des Education First et des Astana. Deux ans et 364 jours après un succès au sommet du Ventoux, qui avait été éclipsé par le jogging de Froome dans le Mont chauve.


1. Il prend l'échappée que tout le monde voulait dès le kilomètre zéro

Ce samedi, c'était sûr: cela allait bagarrer énormément pour prendre l'échappée. Ces étapes dessinées pour les baroudeurs sont rares, dans un Tour de France. Une douzaine d'équipes, au moins, misent tout sur ce genre de journée pour tenter de sauver leur Tour de France. Nombreux étaient ceux qui pensaient que l'échappée se développerait dans le premier col du parcours, situé après 44 kilomètres de course. Histoire de permettre à un groupe d'hommes forts de se dégager à la pédale après presque 50 minutes de bagarre.

Il n'en fut rien: "la bonne" s'est dessinée dès le kilomètre zéro, lorsque Thomas De Gendt a décidé de suivre Ben King, premier attaquant du jour. Terpstra se joignait à la fête et les trois hommes étaient tellement forts que Mads Wurtz, le rouleur de Katusha, a explosé alors qu'il était revenu à moins de dix mètres du trio de tête.


2. Il creuse l'écart et prend une décision cruciale

Derrière, la formation Trek du maillot jaune n'a rien donné, ou presque. A peine l'écart dépassait-il les 2 minutes que les équipiers de Ciccone roulaient déjà. Finalement, De Marchi, sorti à contre-temps, pourra effectuer la jonction avec la bénédiction de De Gendt, notamment, qui décida de l'attendre alors que le peloton s'était relevé. Le Belge peut se féliciter d'avoir incité Terpstra et King à attendre De Marchi. Cinq heures plus tard, les relais de l'Italien lui permettront d'aller au bout. "C'est le compagnon d'échappée idéal. C'est dommage que j'ai dû le lâcher", s'excusera presque De Gendt à l'arrivée.


3. Un petit Liège-Bastogne-Liège

Au total, les coureurs du Tour ont avalé 3.800 mètres de dénivelé positif, ce samedi. A tel point que cette étape était décrite comme un "petit Liège-Bastogne-Liège", raccourci à 200 kilomètres. Vous avez récemment vu une échappée matinale aller au bout lors de la Doyenne ? Autant dire que sortir à quatre pouvait sembler suicidaire, mais le profil des quatre gaillards était parfait pour De Gendt. Rouler vite dans de longs faux-plats ne fait pas peur à King, Terpstra ou De Marchi. "J'ai eu peur quand le peloton a réduit l'écart de 5'00" à 3'30" après la mi-course donc on a décidé d'accélérer", expliquera le vainqueur du jour. Sauf que King et Terpstra étaient déjà à bloc....

Cet article est réservé aux abonnés

Profitez de notre offre du moment et accédez à tous nos articles en illimité