Pogacar reste prudent: “Je ne veux pas encore penser à la victoire finale”

Le maillot jaune sur les épaules, Tadej Pogacar s’est imposé dans l’étape la plus dure du Tour où il n’a plus que deux rivaux, Jonas Vingegaard et Richard Carapaz.

Pogacar reste prudent: “Je ne veux pas encore penser à la victoire finale”
©AFP

Décidément, Tadej Pogacar aime les Pyrénées. C’est déjà là, en Andorre, en septembre 2019, que le jeune Slovène, alors âgé de 20 ans, avait gagné sa première étape d’un grand tour lors de la Vuelta. C’est dans ce même massif que l’an dernier, à Laruns cette fois, il avait gagné sa première étape du Tour de France. Le coureur d’UAE avait d’emblée remis les pendules à l’heure vers Loudenvieille au lendemain de l’incident qui lui avait coûté plus d’une minute de retard dans les bordures de l’étape de Lavaur et il avait gagné le jour d’après, démontrant déjà son extraordinaire force de caractère.

Un an plus tard, c’est en patron, le maillot jaune sur le dos, qu’il s’est imposé à Saint-Lary Col du Portet, au terme de la 17e étape et après l’ascension du col pyrénéen le plus redoutable. Tadej Pogacar a confirmé sa supériorité et augmenté légèrement son avantage sur ses plus proches rivaux, lesquels ne sont plus que deux à le suivre, à bonne distance toutefois, puisque Jonas Vingegaard pointe à 5:39, soit quatre secondes de moins que Richard Carapaz. C’est sur une accélération du Slovène que le trio se détacha dans les derniers kilomètres de la montée finale.

"On s’est retrouvés à trois, mais seul Jonas (Vingegaard) et moi roulions", expliqua Tadej Pogacar. "À un moment, Jonas et moi nous sommes parlé. Il m’a dit que Carapaz était occupé de bluffer. C’était vrai car quand il a attaqué, j’ai vraiment dû m’employer et rouler fort pour le reprendre."

Une manœuvre que le maillot jaune comprend cependant tout à fait. "Ça fait partie de la tactique du cyclisme. Je m’attendais à son attaque. En fait, je m’attendais à tout. J’étais celui qui devait faire l’allure dans les derniers kilomètres, après que mes équipiers eurent été distancés, mais je devais aussi rester attentif. On sait bien que tout le monde veut gagner et tenter sa chance. Je ne vois aucun problème à ce que les gens aient envie d’attaquer, tout le monde a sa chance et le droit de le faire, chacun veut essayer de s’imposer."

Le leader du classement général a cependant cherché tout au long de l’étape, puis dans sa finale, à gagner cette 17e étape, laquelle restera comme l’un des grands temps forts de cette 108e édition. "Je suis ravi de triompher ici, sur l’ascension de la plus dure montée du Tour, mais je suis surtout content de gagner avec le maillot jaune sur les épaules. C’est quelque chose de spécial que je ne peux décrire. L’équipe a travaillé dur, une fois encore, durant toute l’étape. Les caméras ne montrent pas toujours tout ou les gens ne regardent pas l’étape dès son début, mais notre équipe est à l’ouvrage tous les jours depuis deux semaines. Mes équipiers ont donc roulé, aujourd’hui aussi. D’abord pour défendre le maillot, mais comme il n’y avait que six coureurs échappés et que leur avantage n’a jamais été trop important, il y avait également une possibilité de gagner l’étape, alors on a tout fait pour la saisir. Mes équipiers avaient déjà beaucoup travaillé les jours précédents, quasi dans toutes les étapes sauf celles finissant au sprint et encore, on a même dû rouler dans une d’entre elles. Alors, j’ai réellement tout donné sur la fin pour m’imposer car je leur devais bien cela."

Malgré la pente et l’intensité de la course, Tadej Pogacar a même été surpris plusieurs fois dans l’ascension finale avec un sourire aux lèvres. "Parfois, quand je suis en souffrance, on dirait que je souris (rires). Mais il est également possible que la caméra ait montré le moment où, à environ cinq kilomètres de l’arrivée, j’ai aperçu ma copine et mes parents sur le bord de la route. Là, j’ai ressenti une joie pure, j’ai pris vraiment beaucoup de plaisir dans la course aujourd’hui. Pourtant, cette montée est terrible, elle ne finit jamais. Quand on passe dans le petit village, la route change encore, la montée ne rend plus bien du tout, pourtant, j’ai pu l’apprécier."

On ne voit pas qui, désormais, peut déboulonner le Slovène de son trône, tant il paraît intouchable. "Le Tour n’est gagné que dans le dernier tour sur les Champs-Élysées quand on franchit la ligne. En cyclisme, beaucoup de choses peuvent se produire, il peut y avoir beaucoup de malchance, je touche du bois. Mais ma condition est bonne, je me sens bien. J’ai hâte de vivre l’étape de demain, ensuite on aura une journée plus calme avant le chrono et après seulement, on verra où en est la situation, mais je ne veux pas encore penser à la victoire finale au Tour."

Par contre, le maillot jaune semble avoir choisi qui il aimerait avoir comme dauphin, dimanche à Paris, où, comme l’an dernier, il se verrait bien revêtu, en plus des maillots jaune et blanc, de celui à pois rouges de meilleur grimpeur qui lui tend les bras. "Jonas (Vingegaard) a fait une course fantastique après toute la malchance rencontrée par Jumbo-Visma. Il a montré beaucoup de caractère et une très grande classe. C’est vrai que j’aime rouler contre lui. Il va gagner rapidement un Tour de France. Quant au maillot à pois, on verra demain. Bien sûr, on est fier d’avoir gagné et si c’est possible demain, on le refera. L’important, c’est de défendre le maillot jaune et de ne pas se mettre en difficulté, mais si on peut contrôler la course comme aujourd’hui, tout sera possible sur la fin."

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