Trois jours qui comptent double pour Wout van Aert sur le Tour de France

Dans les trois prochaines étapes, Wout van Aert peut garder et même consolider son maillot jaune mais aussi faire un pas de géant dans la lutte pour le maillot vert.

Trois jours qui comptent double pour Wout van Aert sur le Tour de France
©AFP

Pour Wout van Aert, les trois prochaines étapes vont revêtir une importance capitale. À Calais, Arenberg et Longwy, le Campinois sera à chaque fois un favori pour décrocher enfin la victoire qui se refuse jusqu’ici à lui. Il peut donc conserver son maillot jaune et même le consolider. L’écart qu’il pourrait avoir vendredi sur ses suivants et notamment sur Tadej Pogacar, au départ de la 7e étape qui finira à la Super Planche des Belles Filles, pourrait même lui permettre de conserver sa tunique dans les Vosges.

Bien sûr, tout cela n’est que conjectures et van Aert peut aussi céder son maillot dès aujourd’hui à Calais où les monts du Boulonnais, les routes vallonnées, étroites et sinueuses ainsi que le vent (cela arrive que parfois il y en ait sur une étape du Tour) en bordure du littoral entre le cap Gris Nez et la cité portuaire, peuvent provoquer des bouleversements.

Le Belge est aussi menacé. En foot, on dirait qu’il a reçu dimanche une carte jaune pour avoir jeté des déchets en dehors des zones prévues. À la prochaine incartade, il sera pénalisé d’une minute au classement général et s’il y a ensuite une suivante, il sera exclu du Tour ! N’y pensons pas.

Van Aert a surtout tout intérêt à profiter des trois prochaines journées pour enfoncer le clou au classement par points où il est déjà en tête. Avec une belle série de résultats d’ici à jeudi, il peut quasi tuer tout suspense et s’assurer une belle option sur le maillot vert. Voici pourquoi.

On l’avait compris dès le sprint intermédiaire puis après l’arrivée de la 3e étape, au Danemark, à peine quatre hommes semblent vouloir, ou surtout pouvoir, concurrencer van Aert (107 pts au classement) et l’empêcher de devenir le 20e belge à ramener le maillot vert à Paris : Fabio Jakobsen (90), Dylan Groenewegen (60), Peter Sagan (54), qui est sans doute le plus coriace en fait. Caleb Ewan (34), à nouveau largement battu dimanche, est déjà largué au classement. Les autres, Pedersen, Matthews, Philipsen, Kristoff, Pidcock ou van der Poel ne visent qu’une victoire d’étape, ce que semblait faire aussi Groenewegen mais son succès le remet dans le débat.

"Je m'attendais à ce que plus de gens se mêlent au sprint intermédiaire", avouait ce dimanche van Aert. "Mais quand on voit quand même que Jakobsen après sa victoire n'était qu'à un point samedi, ça prouve que ce sera serré."

Pas sûr, même si le mode de calcul (voir ci-contre) donne un bonus aux sprinters, pour lesquels on a aussi réévalué, il y a quelques années déjà, le sprint intermédiaire. Ceux-ci sont le plus souvent situés dans la première partie des étapes, même dans celles de moyenne ou haute montagne. Jakobsen, Groenewegen, Sagan ou Ewan pourront donc s’y mêler.

Car les étapes de plat sont bien plus dotées en points que celles dites accidentées (comme celle qui finit à la Planche des Belles Filles par exemple ou à Mende) et plus encore que celles de montagne ou les chronos.

Or, quatre des cinq prochaines étapes, celle de ce mardi, celle des pavés le lendemain, mais aussi les deux avec arrivées en bosse, à Longwy (jeudi) et Lausanne (samedi), sont donc considérées comme des étapes plates ou de plaine. Van Aert serait bien inspiré de saisir ces prochaines opportunités pour tenter de distancer nettement les purs sprinters, qui ne passeront pas nécessairement tous les côtes et les secteurs pavés, et asseoir (définitivement ?) sa position en tête du classement par points.

Le barème actuel offre un bonus à la victoire et favorise donc les étapes dites de plaine. C’est pourquoi, rien que les victoires enlevées l’an passé avaient rapporté 200 points à Mark Cavendish (4 fois 50) alors que le triplé de van Aert (pourtant salué comme exceptionnel par tout le monde) ne lui en valut que 90 (50 et 2x20). Pourtant, maillot vert l’an passé, le Britannique ne l’avait pas conquis en 2009, malgré six succès d’étapes. Il s’était classé deuxième, à 10 unités de Thor Hushovd, victorieux d’une seule étape mais maillot vert.

"Pour ce classement, on veut donner un avantage aux sprinters", reconnaît Thierry Gouvenou.

Si le Tour appliquait le même mode de calcul pour le classement par points que la Vuelta, qui ne donne que peu d’unités au sprint intermédiaire et distribue le même pécule chaque jour, à Paris, le maillot vert se serait sans doute appelé aussi ces dernières années… Tadej Pogacar.