Pogacar: "Si j’ai le Covid, je me retire du Tour de France"

Déjà trois cas de Covid-19 au sein de l’équipe UAE Team Emirates de Tadej Pogacar.

Lehaire David
Pogacar: "Si j’ai le Covid, je me retire du Tour de France"
©BELGA

Ils pensaient tous avoir laissé le plus stressant derrière eux en passant haut la main les tests antigéniques effectués dimanche soir et lundi matin par les organisateurs de la Grande Boucle en vertu du protocole mis en place par l’Union cycliste internationale (UCI). Cela ne les assurait pourtant en rien de ne pas avoir le Covid quelques heures plus tard, une fois les équipes ayant repris la main sur ces tests.

Si ASO avait annoncé fièrement dès lundi matin qu’aucun membre du peloton n’avait été positif, deux coureurs de l’équipe du maillot jaune se sont réveillés le lendemain avec des symptômes. Est-ce à dire que la société organisatrice du Tour laisse aux différentes formations engagées le soin d’écarter elles-mêmes les éventuels contagieux ?

Toujours est-il que ce mardi, avant le départ de Morzine, UAE Team Emirates a fait savoir que George Bennett et Rafal Majka étaient positifs. Si le premier a quitté l’épreuve avec effet immédiat, le deuxième est toujours bien au poste. Les experts de l’UCI ont, en effet, jugé que la charge virale du grimpeur polonais était insuffisante pour qu’il soit contagieux.

Il a donc pu aider Tadej Pogacar dans les différents cols du jour. Mais l’ambiance au sein du groupe du maillot jaune n’est plus tellement au beau fixe malgré la domination sportive du Slovène. Ce dernier se tient sur ses gardes et sait qu’il pourrait tout perdre à cause du virus.

"Nous sommes tout le temps assez isolés. Au sein de l'équipe, nous prenons nos précautions et dormons d'ailleurs chacun dans une chambre différente, dit-il. Mais il est impossible de ne pas courir de risques. Déjà, nous passons beaucoup de temps en contacts rapprochés avec les autres coureurs durant la course. Et puis, nous roulons souvent tout près de plein de spectateurs massés sur le bord des routes. C'est vraiment dommage qu'un gars de plus ait dû quitter le Tour. Mais George (Bennett) et Stake (Laengen Vegard) étaient des cibles à haut risque parce qu'ils n'avaient pas encore eu le Covid. J'espère que maintenant ça va s'arrêter."

Si l'on peut logiquement se demander ce qu'il adviendrait si Pogacar devait contracter le virus, lui se montre sans équivoque. "Si je l'ai, je me retire de la course et rentre à la maison. Que j'ai le maillot jaune ou pas."

Au sein de l’équipe émiratie, on doit retenir son souffle et espérer également ne plus perdre de forces vives. C’est que sportivement, UAE Team Emirates risque de bientôt manquer de ressources pour soutenir Pogacar. Aux départs de Bennett et Laengen Vegard s’ajoute la méforme persistante de Marc Hirschi. Le Suisse traîne sa misère en queue de peloton à cause de problèmes au genou. Pour le moment, il n’est d’aucun secours pour Pogacar. Ce dernier ne peut, donc, déjà plus s’appuyer que sur quatre équipiers : Mikkel Bjerg, Rafal Majka, Brandon McNulty et Marc Soler.

Jumbo-Visma et Ineos se tiennent prêts

Il ne faudrait pas que l’un ou l’autre abandonne car cela pourrait faire les affaires des armadas Jumbo-Visma et Ineos Grenadiers. Les ogres néerlandais et britannique peuvent, tous les deux, compter sur un collectif très impressionnant et sur deux leaders. Pour autant que Vingegaard et Roglic d’un côté et Thomas et Yates de l’autre acceptent d’attaquer à tour de rôle, Pogacar pourrait vite se retrouver isolé. Dans le peloton et au sein de son équipe.

Les organisateurs serrent la vis dans le paddock

Face à la recrudescence des cas de Covid dans le peloton, les organisateurs ont annoncé ce mardi une importante restriction de l'accès au paddock des équipes. "Afin de lutter plus efficacement encore contre le virus", la direction de course a décidé du retour à une "bulle équipes" dans les zones des bus. Désormais, les journalistes et les invités n'y auront plus accès. "Seuls les représentants de l'Union cycliste internationale (jury, commissaires, agents antidopage), le staff des équipes et le personnel de l'organisation encadrant les équipes y auront accès désormais", a fait savoir l'organisation.

Pour rappel, cinq coureurs ont dû quitter le Tour pour cause de Covid depuis le départ de Copenhague.

"Céder le maillot n’aurait pas été un drame"

Tadej Pogacar conserve le maillot jaune pour 11 secondes, mais cela ne change rien.

Pour 11 secondes, Tadej Pogacar a finalement conservé son maillot jaune qu’il portera ce mercredi, lors de la première grande étape de montagne, pour la cinquième fois depuis sa prise de pouvoir à Longwy, la 21e, déjà, en trois ans. Alors qu’il était en stage d’altitude, début juin, avec ses équipiers à Livigno, le Slovène est venu effectuer avec ses équipiers la reconnaissance des trois étapes alpines et notamment des deux à venir. Il sait ce qui l’attend.

"Ce sera une des principales étapes", explique-t-il, avant d'aborder ce qui s'était passé en direction de Megève. "On a peut-être décidé un peu trop tard de laisser le maillot à Kämna. C'est un excellent coureur pour le classement, mais avec toute l'énergie qu'il a dépensée pour rester devant, on aurait pu lui laisser le maillot pour quelques secondes d'avantage. Cela aurait pu nous aider."

Au début de la prochaine étape, car on ne voit pas comment l'Allemand aurait pu conserver un avantage faible sur le parcours proposé mercredi. "Ce n'aurait pas été un drame que je le cède, continua-t-il. Mais je suis ravi de le conserver."

Le n°1 mondial s'attend bien sûr à être attaqué vers le Granon, comme ce fut le cas en début d'étape. "J'ai dû y aller un moment, dit-il. Je ne savais pas que Roglic était dans l'échappée. On ne voit pas tous les coureurs et il y en avait tellement. Sagan m'a dit : 'Vas-y, vas-y !' J'ai donné quelques coups de pédales et je suis revenu."