Les parents des filles agressées par van der Poel témoignent: "Si j'avais fait ce qu'il a fait, je serais enfermé en prison pendant un an"

La polémique van der Poel prend beaucoup d'ampleur.

Gilles Joinau
Les parents des filles agressées par van der Poel témoignent: "Si j'avais fait ce qu'il a fait, je serais enfermé en prison pendant un an"
©BELGA

Ce mardi, Remco Evenepoel a effectué un retour triomphal en Belgique. Le récent champion du monde n'était pas seul à Zaventem. A la surprise générale, les supporters belges ont également pu apercevoir Mathieu van der Poel. Après sa désillusion en Australie, le Néerlandais avait une mine qui tranchait forcément avec le gamin de Schepdaal. En effet, il a passé une partie de la nuit au cachot quelques heures avant la course. En cause: une agression supposée entre le coureur et des adolescentes de 13 et 14 ans qui l'empêchaient de dormir. Epuisé physiquement et mentalement, il a abandonné après seulement 30 kilomètres lors des Mondiaux alors qu'il était considéré comme favori.

Rapidement, le coureur a été pris à partie afin d'expliquer son altercation la nuit avant la course de Wallongong. "J'ai directement avoué avoir attrapé une fille par le bras", a admis Van der Poel."Mais je ne l'ai certainement pas fait pour lui faire mal. Ceux qui me connaissent savent tous que je n'ai jamais fait de mal à personne. Par contre, je ne les ai pas poussées, ce n'est pas vrai. Il y a deux versions de cette histoire et en Australie c'est très difficile de s'en sortir."

"La maltraitance des enfants est un délit très important"

Pour le père de l'une des deux filles en question, il n'existe qu'une seule et unique version. Et, forcément, elle charge le coureur de l'équipe hollandaise. "Van der Poel leur a flanqué la peur de leur vie", a déclaré John pour le Daily Mail Australia. "Il a tout à fait le droit d'être en colère", a-t-il poursuivi. "Mais il n'a pas le droit de faire ce qu'il a fait. Ce sont des petites filles tandis que lui est gigantesque. Vraiment, je suis désolé pour lui qu'il ait du abandonner. Mais jamais je ne me serais permis de faire ce qu'il a fait."

S'il considère que le comportement de van der Poel est à condamner, il admet également que les filles sont en tort. "Elles n'auraient pas dû s'obstiner à frapper à sa porte", confirme-t-il. Pas présent sur les lieux, tout comme sa femme, il a tenu à préciser le motif de son absence. "On nous explique que je suis un mauvais parent. Mais c'était les vacances scolaires. Est-ce que les enfants de cet âge vont se coucher à neuf heures ?", s'est-il interrogé.

Amad, le père de l'autre adolescente agressée a également donné un peu plus de détails sur les circonstances de l'altercation. "Personnellement, j'ai aussi fait ce genre de farces à leur âge. La plus jeune a eu le Covid et c'était sa première sortie depuis longtemps. Nos deux filles étaient tellement ravies..."

Nos confrères du Algemeen Dagblad se sont procurés les fameuses vidéos des faits. Forcément, les deux parents les ont visionnées. "Sur les images, on voit ma fille aînée s'enfuir. Je peux vous certifier qu'elle a très peur. D'habitude, elle est d'un naturel casse-cou. Mais elle est tout de même sous le choc. J'ai dû l'emmener à l'hôpital et maintenant nous allons chez le psychologue car elle est apeurée. J'ai vu qu'il avait quitté le pays et ma femme est furieuse de cette décision!", accuse Amad.

Effectivement, le coureur a pu rejoindre son pays et a écopé d'une amende de 1500 dollars. Bien trop peu à leur goût. "Si j'agressais des enfants, je serais enfermé en prison pendant un an parce que je n'ai pas les moyens de payer une caution. La maltraitance des enfants est un délit très important", déplore John.

Selon des documents judiciaires, obtenus par le Daily Mail Australia, van der Poel aurait attrapé une jeune fille de 14 ans par les deux bras en les serrant et poussant l'adolescente contre un mur tout en lui criant dessus. Ce qui a occasionné une brûlure au coude droit à cause du frottement avec le tapis et une rougeur à l'avant-bras gauche.