Cyclisme

Armstrong se rapproche de la lune

Publié le - Mis à jour le

Présent pour la quatrième fois en haut du podium des Champs-Elysées, Lance Armstrong s’est rapproché du record des cinq victoires dans le Tour de France dont il a dominé magistralement la 89e édition conclue dimanche par la victoire au sprint de l’Australien Robbie McEwen.

A près de 31 ans, le champion américain garde intacte sa marge de sécurité sur ses adversaires. Son suivant, l’Espagnol Joseba Beloki, qui a grimpé une marche par rapport aux deux années précédentes, s’est incliné de 7 min 17 sec. A peu près l’écart qu’avait creusé le Texan les années précédentes sur l’Allemand Jan Ullrich, absent cette fois au départ de Luxembourg.

Où situer Armstrong version 2002 ? «Il est aussi fort qu’il y a un an », répond son entraîneur personnel Chris Carmichael. «Le fait est qu’il n’a pas eu un vrai adversaire. Il n’a pas eu besoin de donner le maximum ». Et d’ajouter une phrase qui plongera ses rivaux dans la perplexité: «Le vrai Lance, vous ne l’avez pas vu. »

Carmichael explique que le Texan s’est parfaitement adapté à la nouvelle donne. «Il n’y a rien d’étonnant à ce que Lance ait trouvé une concurrence forte seulement dans les contre-la-montre. C’était tout à fait prévisible. Dès que nous avons su que Jan Ullrich serait absent, nous avons augmenté les charges de travail en montagne. Nous avons pensé que le danger viendrait des grimpeurs. C’était un choix. »

Un patron en jaune

Le choix s’est avéré payant. Tenu en échec dans le premier grand contre-la-montre à Lorient (9e étape), où il a été devancé de 11 secondes par le Colombien Santiago Botero, Armstrong a pris l’avantage dans les trois premières arrivées au sommet avec l’aide d’une forte équipe US Postal, «la meilleure que j’aie eue sur le Tour », à son avis.

S’il a accepté la compagnie de Beloki à La Mongie, terme de la première journée pyrénéenne (11e étape), il s’est élevé au-dessus de ses adversaires au plateau ariégeois de Beille puis, surtout, au Mont Ventoux où Richard Virenque a remporté l’étape, sans doute la plus enthousiasmante de cette édition, après une longue échappée.

Habillé de jaune à partir de La Mongie, le champion américain a contrôlé ensuite la course dans Alpes. Patron du peloton, il a donné mission à ses équipiers de filtrer les attaques. Intelligent, efficace, il a laissé Botero, encore lui, puis le Néerlandais Michael Boogerd et l’Italien Dario Frigo conclure de longues échappée sans danger pour sa position au classement.

L’orgueil du champion l’a poussé à remporter dans le Beaujolais le dernier contre-la-montre à la veille de l’arrivée, son quatrième succès depuis le départ de Luxembourg qui porte à quinze son total dans le Tour depuis 1993. Il a surmonté la résistance de l’étonnant Raimondas Rumsas. Pour sa première participation à l’âge de 30 ans, le Lituanien a accédé au podium.

Faute d’adversaires à sa mesure dans le peloton des 21 équipes, Armstrong s’est lancé à lui-même un défi, sans le reconnaître ouvertement («ce serait suicidaire d’en parler avant de le faire »).

Un kangourou en vert

L’an prochain, il cherchera à rejoindre le glorieux club des cinq victoires, dont il pourrait être le cinquième membre. Pour l’instant, le record le plus significatif du cyclisme est codétenu par Jacques Anquetil (France), Eddy Merckx (Belgique), Bernard Hinault (France) et Miguel Indurain (Espagne).

«Je pense que je vais être encore là un couple d’années, a déclaré Armstrong à trois jours de l’arrivée. Je me sens fort et je ne crois pas que je m’affaiblis. Mais c’est vraiment difficile de gagner le Tour chaque année. »

Cette supériorité manifeste a probablement agacé une minorité du public, insensible à l’opération séduction menée par le Texan auprès des médias et des spectateurs. Pour les supporteurs français, le héros de cette 89e édition s’est appelé Laurent Jalabert, le champion français qui a conduit deux longues échappées dans les Pyrénées.

Dès qu’il a annoncé sa décision de se retirer en octobre prochain, «Jaja » a reçu un hommage vibrant le long des routes du pays. Le Français le plus marquant de la décennie a fini par monter pour deux raisons différentes sur le podium parisien, au titre de meilleur grimpeur et de coureur le plus combatif.

Dans l’ordre des honneurs rendus aux Champs-Elysées, Jalabert a côtoyé McEwen, cet Australien aussi vif qu’un kangourou qui a mis fin à la série (6 victoires !) de l’Allemand Erik Zabel au classement par points. McEwen, vainqueur de son compatriote Baden Cooke et de Damien Nazon, a dû attendre le dernier sprint pour être certain de garder le maillot vert. Les «Aussies » dispersés dans la grande foule des Champs-Elysées ont apprécié.(AFP)

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