A qui la plus grosse part du gâteau ? La question résume assez bien l'enjeu principal de la lutte qui oppose depuis de nombreuses années l'Union cycliste internationale (UCI) et Amaury Sport Organisation (ASO). Si la première se raidit en constatant son inexorable perte d'influence, la seconde se dirige de plus en plus vers la création d'une deuxième fédération.

Outre le Tour, ASO, c'est aussi Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège, Paris-Tours ou encore la Flèche Wallonne. Des monuments que l'UCI voit se séparer peu à peu de "son" ProTour. A côté du prestige de ces épreuves de marque, c'est avant tout la manne financière qui les accompagne qui s'éloigne de la fédération internationale.

"Je souhaite que ça se passe bien. Dans le monde, quand on parle de cyclisme, on évoque toujours le Tour de France. Un Tour sans trouble, sans problème, sans scandale, c'est une bonne chose pour le cyclisme." Pat McQuaid, président de l'UCI, n'a pas toujours tenu un discours aussi policé. En guerre ouverte avec les organisateurs du Tour depuis des années, la fédération internationale a durci le ton depuis quelques mois afin de sauver ce qui peut l'être. Ainsi, l'UCI a menacé de suspendre les coureurs qui prendraient part au dernier Paris-Nice, fraîchement soustrait à son autorité. De même, la fédération française de cyclisme s'est vue suspendue par l'Union internationale pour avoir donné son autorisation pour la tenue en mars dernier de Paris-Nice.

Si Amaury Sport se défend de vouloir créer une fédération parallèle, ses partenariats de plus en plus nombreux (avec le Tour de Californie très récemment) sonnent néanmoins comme une volonté d'élargissement d'influence et d'émancipation de la fédération mère.

Mener la lutte antidopage

Avec la lutte contre le dopage comme point d'orgue d'un duel d'image - un sport propre attirera plus de sponsors donc plus d'argent - les deux adversaires se livrent une lutte sans merci dont le dernier exemple en date, le passeport biologique, est très parlant. La mise en place de ce qui devait devenir l'outil principal des organisateurs du Tour en matière de contrôle a été freinée par l'UCI et ne sera pas d'application cette année...