Sous la canicule, l’Américain Lance Armstrong (US Postal) a gardé le maillot jaune de leader à la veille du dernier contre-la-montre et à trois jours de l’arrivée à Paris.

Baguet a devancé nettement ses deux compagnons d’échappée, le champion du Danemark Jakob Piil et l’Italien Massimiliano Lelli.

Le peloton réglé par le Tchèque Jan Svorada (3e) devant le Français Damien Nazon (4e) a franchi la ligne avec un retard de 13 secondes.

Dans cette étape de transition de 194 kilomètres, courue par une température sensiblement supérieure à 30 degrés, une échappée de seize coureurs (Vinokourov, Sastre, Tosatto, Vermaut, Lelli, Morin, Salmon, Piil, Goubert et Cardenas puis Baguet, Moncoutié, Brozyna, D. Etxebarria, Halgand, Mengin) a été lancée dès le 5e kilomètre.

Le groupe a compté jusqu’à 4 min 35 sec d’avance maximale (Km 64,5) mais la chasse menée pour l’essentiel par la formation Bonjour, qui a travaillé pour Nazon, a limité l’écart.

Lelli, rejoint par Baguet et Piil, a démarré à 35 kilomètres de l’arrivée. Il s’est abstenu ensuite de prendre les relais dans le trio qui a abordé les dix derniers kilomètres avec moins d’une minute d’avance (54 sec).

Les trois hommes ont préservé un avantage suffisant pour se disputer la victoire dans la courte ligne droite en légère montée. Lelli a abdiqué au moment du sprint et Baguet a dominé Piil pour remporter sa première victoire d’étape dans le Tour en trois participations.

Sur les toits

«Je ne connaissais pas très bien Piil, je me méfiais surtout de Lelli », a déclaré Baguet dont la trajectoire est rare dans le peloton.

Agé de près de 32 ans (il fêtera son anniversaire le 18 août), le coureur belge a accumulé les déceptions après ses débuts professionnels en 1991. «Dans les catégories de jeunes, j’étais le meilleur en Belgique et tout allait bien. J’ai commencé à avoir plus de mal chez les amateurs et encore plus chez les professionnels. C’est devenu très difficile pour moi de ne plus gagner ».

Démoralisé, Baguet a fini par jeter l’éponge et a travaillé en tant que charpentier pour l’entreprise de toiture de son beau-père pendant trois ans, de 1997 à 1999. Le charpentier a retrouvé le goût du vélo, en roulant le dimanche avec deux de ses copains restés professionnels, le Belge Mario De Clercq et l’Australien Scott Sunderland, et par la suite un contrat dans l’équipe de ses débuts (Lotto).

Troisième de l’Amstel Gold Race en avril dernier, derrière le Néerlandais Erik Dekker et Lance Armstrong, Baguet est devenu ambitieux. «Je veux encore courir cinq ou six ans et suivre l’exemple d’Andrei Tchmil. Je sais que je peux gagner de grandes courses », a souligné le coureur de Letterhouten (entre Anvers et Gand), qui dit être davantage tourné vers les classiques.

La victoire de Baguet, la deuxième d’un coureur de l’équipe Lotto en trois jours (après Rik Verbrugghe à Lavaur), a laissé le cyclisme italien toujours bredouille dans le Tour 2001 alors qu’il ne reste plus qu’un grand contre-la-montre et deux étapes de plaine en principe promises aux sprinteurs.

Vendredi, 18e étape sous la forme d’un contre-la-montre individuel de 61 kilomètres entre Montlucon et Saint-Amand-Montrond.