Ce devait être, et ce fut, l'étape reine du Tour de la Région Wallonne. Un parcours de rêve de plus de 200 kilomètres, avec six côtes répertoriées. Et, surtout, à partir du 80e kilomètre, plus un mètre de plat, où ceux qui se sentent un peu moins bien pourraient récupérer.

Ajoutez à cela que les conditions climatiques étaient identiques à celles qui, quatre jours plus tôt, de l'autre côté de nos Ardennes, présidaient aux 24 Heures de Spa: une pluie diluvienne, parfois dantesque, entrecoupée de quelques éclaircies. Seulement voilà, ici, il n'y a pas de «safety cars» et cette pluie battante semblait, au contraire, donner des ailes aux coureurs.

C'est ainsi qu'à l'occasion du sprint de Dinant, au kilomètre 23, là où la route était encore plutôt plate, et où, donc, les vrais sprinters avaient encore une chance de se mettre en évidence, une cassure s'opéra. Les sept hommes qui avaient disputé le sprint, Eeckhout (le vainqueur), Klier, Laidoun, Steels, Charteau, Gilbert et Kleynen, précédant de peu le reste de la troupe, continuèrent leur effort qui se traduisit, en fin de compte, par une longue, une très longue chevauchée.

Ils comptèrent plus de sept minutes d'avance. Les deux premiers à lâcher prise furent Tom Steels et Nico Eeckhout, dans la côte de la Cornette. On était favorablement étonné de voir notre pur sprinter encore en si bonne compagnie, tandis que le second payait ses efforts du premier jour après avoir repris -virtuellement- le maillot jaune en cours d'étape.

Le maillot jaune à la dérive

A propos de maillot jaune, le pauvre Stéphane Bergès, vainqueur de la veille après une folle chevauchée solitaire, fut pratiquement le premier lâché par un peloton qui ne musardait pas en chemin.

Etonnant spectacle que ce maillot jaune, abandonné de tous, sauf de deux équipiers, Agnolutto et Trastour, flirtant avec le camion balai et terminant à plus d'une demi-heure. En tête, la course explosa en plusieurs groupes et, à vingt kilomètres de l'arrivée, là où le parcours devenait le plus difficile, un nouveau groupe se reforma. Avec quelques rescapés de la première échappée, Klier, Laidoun, Gilbert et Kleynen, mais avec six nouveaux-venus: Van Petegem, Bartoli, Kirchen, Farazijn, Popovych et Bruylandts. Dans l'escalade du dernier col, sans doute le plus ardu, celui de la vieille route de France, ils étaient six à se dégager, Van Goolen, Bartoli, Kirchen, Farazijn, Popovych et Bruylandts.

Malgré une course-poursuite infernale, l'écart entre les ultimes échappés et les poursuivants se maintint toujours entre six et dix secondes. Rien du tout, en somme. Bartoli, qui pouvait compter sur les services de Kirchen, s'imposa sans la moindre discussion devant Popovych. Un fameux tandem qui donne, si besoin en était encore, ses lettres de noblesses au Tour de la Région Wallonne. Il sera, pensons-nous, très difficile de déloger le leader de la Fassa Bortolo de la première place...

© Les Sports 2003