Bettini champion, la belle récompense
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Cyclisme

Bettini champion, la belle récompense

Philippe Van Holle

Publié le - Mis à jour le

On peut être belge, très déçu de la défaite de Boonen et pourtant reconnaître honnêtement que Paolo Bettini a amplement mérité ce sacre mondial. Il y avait si longtemps qu'il courait, en vain, derrière ce titre qu'il avait presque fini par renoncer à l'idée de pouvoir porter un jour ce fameux maillot arc-en-ciel qui fait rêver tous les coureurs.

"D'ailleurs", n'oubliait pas de souligner Bettini dès le début de sa conférence de presse, "je dédie cette victoire à tous ceux qui ont contribué, de quelle que manière que ce soit, à ce que je continue à croire en moi. Mon épouse et ma maman, que j'ai embrassée juste avant le départ, font certainement partie de ces gens-là." Il fallait voir comment Erik Zabel, deuxiè-me d'une grande course pour la énième fois, félicitait l'Italien avec une chaleur qui l'honore car la médaille d'argent laisse toujours un goût de trop peu à celui qui la récolte, surtout dans un Championnat du Monde. Bettini eut évidemment un mot aussi pour le coureur allemand.

Un virage déterminanant

"Battre des coureurs tels que Zabel et Valverde augmente encore la qualité de ce titre et la satisfaction qui y est automatiquement liée" , dira le petit Italien, "mais je suis en même temps presque désolé pour Erik car il aurait mérité ce succès tout autant que moi, pour l'ensemble de sa formidable carrière. C'est un grand ami et une immense personnalité du cyclisme. J'espère qu'il aura le courage de remettre l'ouvrage sur le métier et qu'il remportera ce titre, l'an prochain, à Stuttgart, dans son pays."

Alors qu'on s'attendait à un sprint quasi massif (d'environ 50 coureurs) vu le déroulement du dernier tour, un virage allait jouer un rôle absolument déterminant au début de la dernière ligne droite. "On peut dire que c'est dans ce virage, situé à 700 mètres du but, que la course s'est véritablement jouée. Je l'ai abordé à une vitesse folle en compagnie de Valver- de et de Sanchez. Derrière nous, Paolini a laissé le trou, et on s'est échap- pé." Seul Zabel parviendra encore à s'infiltrer dans un trou de souris pour dépasser Paolini et suivre ce trio. Derrière eux, McEwen dut sauter sur les freins, en perdant ainsi toutes ses chances. "Deux virages plus tôt, j'avais heurté de l'épaule une des barrières protégeant l'intérieur de la courbe" , poursuit Bettini. "Sanchez et Valverde traçaient comme des fous, j'ai compris alors que je devais leur coller au train si je voulais avoir une chance de l'emporter ! "Mais la suite ne fut pas aisée pour autant. Il fallait encore battre Zabel et Valverde au sprint, deux sacrés clients !

"Je me suis surtout appliqué à rester concentré jusqu'au bout", conclut le Toscan. "À 50 mètres de la ligne, j'ai commencé à y croire puisque j'avais pris le meilleur sur mes trois autres compagnons mais j'ai soudain été pris d'un doute car ces ultimes mètres me paraissaient sans fin ! Passer la ligne fut un incroyable soulagement !"

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