L'Italien Paolo Bettini a fait un magistral show, samedi, lors de la Clasica San Sebastian lui permettant de reprendre les commandes de la Coupe du monde cycliste qu'il avait remportée l'année dernière.

Le pétillant coureur de Quick Step a marqué de son empreinte ce 23e rendez-vous basque, disputé sur les hauteurs de la célèbre cité balnéaire baignée de soleil, comme en témoignaient les 34 degrés à l'arrivée.

Il faisait donc très chaud sur les 227 kilomètres qui ont été particulièrement irradiés par la maestria du champion d'Italie lequel, bien que sporadiquement aidé par ses coéquipiers Richard Virenque et Luca Paolini, n'a dû son étincelant succès qu'à lui-même.

Le Toscan a seulement laissé le soin aux autres de lancer la course. Dans ce rôle, l'Allemand Jorg Jaksche, le Belge Leif Hoste, le Français Nicolas Portal et, surtout, l'Espagnol Jose Vicente Garcia-Acosta ont été parfaits.

Le quatuor, constitué au 11e kilomètre, a compté jusqu'à 13 minutes d'avance, avant que l'Ibérique ne prenne le large, pour mettre une dernière fois en valeur les couleurs de l'équipe ibanesto.com, baissant pavillon (comme ONCE) à la fin de l'année, dans la ronde autour de la plus belle baie d'Espagne. A l'image de Garcia-Acosta, finalement rattrapé au 193e kilomètre, les souris ont dansé avant que le chat n'entre en scène dans la montée du redoutable col de Jaizkibel.

Avec ses neuf kilomètres de montée pour un pente moyenne à 5,74 pour cent, ce pic donnait des frayeurs à Bettini dont le grand Johan Museeuw disait, il y a deux ans, qu'"il peut gagner la Coupe du monde dix fois s'il le désire".

Mais, sous un ciel voilé avec la complicité d'un petit vent, le champion d'Italie (29 ans) s'est montré à la hauteur de sa réputation. Après avoir placé des banderilles sur le peloton des 193 engagés, il s'est retrouvé une dizaine de kilomètres plus tard, grâce à l'ultime difficulté constituée par la côte de Gurutze (213e kilomètre), seul en tête avec son compatriote Ivan Basso. En fait, l'enfant de Cecina se sentait en état de grâce et bien supérieur dans l'exercice d'un sprint qu'il lança, à sa guise, à 200 mètres de l'arrivée alors que Basso se savait condamné.

Paolo Bettini a orchestré un festival italien symbolisé par les cinq premières places sur la ligne et onze dans les vingt premières, tandis qu'il entrait dans l'histoire de la Coupe du monde. Il est en effet l'unique champion à ce jour à avoir signé trois succès dans la même saison après ses lauriers de Milan-Sanremo et d'Hambourg, dimanche dernier.

Peter Van Petegem (85e à 6 min 50), jusqu'alors leader de la Coupe du monde, a dû se résoudre à laisser sa casaque blanche aux parements arc-en-ciel à ce Bettini tout feu tout flamme, comptant maintenant 97 points d'avance à trois encablures (Zurich, Paris-Tours et le Tour de Lombardie) du verdict.