Cyclisme

Il faisait un temps à ne pas mettre un footballeur dehors, hier, sur les routes bordées de neige des Ardennes flamandes, habituel point névralgique du Circuit Het Volk. La classique flandrienne ouvrira samedi, et traditionnellement, la saison en Belgique. Et comme le veut aussi la tradition, a débuté hier la ronde des reconnaissances des équipes. Vainqueurs de ce premier rendez-vous, les Quick Step-Innergetic qui ont devancé de vingt-quatre heures la plupart de leurs adversaires attendus, eux, seulement aujourd'hui entre Gand et Lokeren. «Cet entraînement collectif, ce n'est pas qu'un simple effet publicitaire », expliquait le directeur sportif Rik Van Slijcke. «D'abord, le parcours du Volk a beaucoup changé et donc c'était important que les coureurs s'en imprègnent. Ensuite, cela fait plusieurs semaines que nos coureurs évoluent dans les pays du sud. Jusqu'ici, ils grimpaient des petits cols dans la chaleur et sous le soleil, maintenant il leur faut faire face au froid, au vent et aux pavés.»

Il faisait -1°C au moment où le groupe de dix hommes s'ébroua de la banlieue gantoise, sur le coup de dix heures. Au programme, la plus grande partie du tracé du 60e Circuit Het Volk. «Au total, nous avons roulé six heures et 180 kilomètres, nous avons seulement laissé tomber la boucle du Mur de Grammont et les derniers kilomètres vers Lokeren, expliquait Tom Boonen. Je n'ai pas trop été gêné par le froid mais c'est bien d'avoir pu produire des efforts dans ces conditions. Ceux qui arriveront vendredi en Belgique pourraient être surpris et leur organisme ne réagira peut-être pas comme ils s'y attendent.»

Précédés par un véhicule de l'équipe conduit par Johan Museeuw, pour qui c'était la première reconnaissance du Volk au volant après dix-sept effectués sur le vélo, et suivis par deux autres voitures, Boonen et ses équipiers ont tournicoté tant et plus sur les secteurs pavés et monts flandriens que l'on retrouvera samedi. «Nous avons eu froid mais finalement moins qu'on ne le pensait au départ, poursuivit Boonen. Ce ne fut pourtant pas une balade car il y avait énormément de vent, ce fut un solide entraînement», assure l'Anversois, qui s'est franchement testé plusieurs fois. Victime d'une chute avant la Ruta del Sol, le grand Tom ne semblait pas affecté le moins du monde par ses ennuis dorsaux. Au Molenberg, l'homme aux 24 succès en 2004 venait de planter ses équipiers au plus fort de la pente (17pc) quand son boyau arrière rendit l'âme. «Il vaut mieux que ça m'arrive aujourd'hui que samedi», ironisait Boonen...

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