Alberto Contador est devenu hier, à 25 ans à peine, le cinquième coureur de l'histoire à remporter à au moins une reprise chacun des trois grands tours. Le succès du Madrilène dans la 63e Vuelta, survient en effet après les victoires acquises depuis un peu plus d'un an au Tour de France 2007 et au Giro 2008.

Le coureur d'Astana a donc fait aussi bien que Jacques Anquetil, Felice Gimondi, Eddy Merckx et Bernard Hinault, les seuls champions qui ont réussi, avant lui, cette performance.

Empêché de défendre son titre lors du dernier Tour de France, ce dont profita le coureur CSC Carlos Sastre, en raison de l'interdiction faite à son équipe Astana, Alberto Contador se sera donc consolé de la plus belle manière possible cette saison en réussissant le doublé dans les deux grands tours qu'il a disputés.

Depuis dix ans, et Marco Pantani, vainqueur du Giro et du Tour 1998, personne n'avait gagné deux grands tours la même saison. Dans quelques années, Contador remerciera peut-être les dirigeants d'ASO de lui avoir indirectement permis ce doublé et de rejoindre ses glorieux aînés...

Après avoir résisté, mais souffert, a-t-il avoué, dans le chrono en côte de samedi, où il a lâché du lest, pour ne conserver au final que 46 secondes d'avantage sur son dauphin et... équipier, Levi Leipheimer, Contador s'érige donc, notamment en raison de son jeune âge, comme l'incontestable n°1 actuel dans les grands tours.

Armstrong-Contador ? Non !

Cela alors que Lance Armstrong annonce son retour et, a priori, chez Astana. Après avoir donné l'impression de se réjouir de ce retour, l'Espagnol, qui a déjà annoncé qu'il ne disputerait en 2009 que le Tour de France et avec la seule ambition de le gagner, a fait savoir qu'il était préférable que le Texan et lui ne soient pas équipiers l'an prochain. Construit lors des deux étapes de montagne dans les Asturies, le succès annoncé du Madrilène à la Vuelta n'a pas été, à l'analyse, aussi triomphateur que prévu.

On note que les 46 secondes qui séparent au classement final, Alberto Contador et Levi Leipheimer, est l'exacte différence qui existe entre les deux partenaires dans le total des bonifications conquises par l'un (58 pour l'Espagnol) et l'autre (12 pour l'Américain). Si, comme au Tour, il n'y avait pas eu de bonification, le suspense aurait donc été plus intense encore. Mais, avec des si...