Des moteurs dans certains vélos du Tour de France 2015 ?

Il y a un an, le monde du vélo s’était pris un nouveau coup de massue sur la tête, avec le cas de dopage mécanique de Femke Van den Driessche, lors du Championnat du Monde de cyclo-cross, où un moteur avait été trouvé dans son vélo. Le sujet tabou du dopage mécanique a refait parler de lui, avec l’émission "60 minutes" de la chaîne de télévision américaine CBS.

Une vente en… 1998

Diffusée dimanche, elle a interviewé Istvan Varjas, un ingénieur hongrois qui a mis au point un moteur miniaturisé dont il a vendu en 1998, en échange de deux millions de dollars, l’exclusivité pendant dix ans, à un acheteur qui, assure-t-il, est resté anonyme. Or 1998 correspond au début de l’ère Armstrong. Ce dernier a assuré via son avocat qu’il n’avait jamais utilisé "un quelconque moteur". Varjas a également révélé qu’il avait vendu en 2015 des vélos équipés d’un moteur installés cette fois dans l’axe de la roue arrière, à un client dont il ne connaissait pas l’identité.

Selon lui, ce dispositif se traduit par un surpoids de 800 grammes. CBS a appris d’une source officielle française que lors de contrôles réalisés durant le Tour de France 2015 remporté par le Britannique Chris Froome, les vélos utilisés pour les contre-la-montre par son équipe Sky étaient plus lourds de 800 grammes que ceux des autres équipes. Un porte-parole de Sky a réfuté tout dopage mécanique et expliqué que cette différence "pouvait s’expliquer pour faciliter l’aérodynamisme".

Enfin, Jean-Pierre Verdy, ancien directeur du département des contrôles à l’Agence française de lutte contre le dopage, a déclaré que, ces dernières années, il y a eu du dopage mécanique sur le Tour. "On m’a dit qu’au Tour 2015, il y avait près de 12 coureurs qui avaient un moteur sur leur vélo", explique-t-il. Des affirmations. Mais pas de preuve.