"Aujourd'hui, c'est ma vraie résurrection", expliquait David Millar, vainqueur du prologue de la 65e édition de Paris-Nice, pour une seconde d'avantage sur le jeune Tchèque Roman Kreuziger. A trente ans depuis janvier, de retour dans les pelotons en juillet dernier à l'occasion du Tour de France après une suspension de deux ans pour dopage, Millar avait enlevé, pour quelques centièmes de secondes, la 14e étape contre-la-montre de la Vuelta. "Mais je n'avais pas vraiment réalisé ce qu'i m'arrivait tandis qu'ici, je contrôlais, je me suis retrouvé pleinement. Je suis ému, comme un débutant, mais avec la maturité d'un type de trente ans à qui il est arrivé des choses. Ce matin, j'avais dit à ma compagne et à ma soeur : Aujourd'hui, je gagne ! J'ai reconnu quatorze fois le parcours ces jours derniers et ce matin, les derniers virages à huit reprises."

Le coureur de Saunier Duval avoue avoir "perdu deux ans de carrière, mais gagné trois ans de ma vie d'homme, au moins". "L'an dernier, dit-il, "j'ai souffert physiquement et psychologiquement rien que pour retrouver ma place dans le peloton, maintenant, je veux redevenir un des hommes qui comptent dans mon sport et démontrer qu'on peut courir sans se doper." Car David Millar est devenu un chevalier blanc de la lutte contre le dopage. Jeudi, il a participé à Londres à un symposium réunissant les dirigeants du sport britannique auxquels il a exposé son parcours, la culture du dopage, ses erreurs... "Même après ma carrière, je veux aider les jeunes et leur faire comprendre qu'il faut lutter contre le dopage, quand bien même la guerre ne sera jamais totalement gagnée."

Depuis janvier, il vit à Gérone et rêve, bien sûr, de gagner le prologue du Tour de France, le 7 juillet à Londres, sept ans après s'être imposé au Futuroscope, "sans dopage", jure-t-il.