L'ex-soigneur belge Freddy Sergeant a été condamné, à Bordeaux, à 4 ans de prison ferme dans l'affaire de trafic de «pot belge», et les frères Laurent et Fabien Roux, anciens cyclistes, respectivement à 30 mois de prison dont 20 avec sursis et 24 mois dont 15 avec sursis.

A la sortie de l'audience, Laurent Roux a estimé sa condamnation «très lourde». «La (récente) affaire du Tour de France a prouvé que les choses n'avaient pas changé depuis l'affaire Festina», a-t-il souligné.

Freddy Sergeant n'était pas présent à l'audience lundi et aucun mandat n'a été émis par le tribunal. Les 20 autres prévenus de ce procès se sont vus infliger des peines allant de l'amende simple à de l'emprisonnement avec sursis. Sergeant et les frères Roux sont aussi condamnés solidairement à une amende douanière de 180 000 euros, correspondant à la valeur estimée du trafic. Les 20 autres condamnés participeront au règlement de cette amende à des degrés divers, selon leur implication dans le trafic.

Parmi les principaux condamnés, Yvon Manchon, un intermédiaire marseillais, qui s'est vu infliger 24 mois de prison dont 15 avec sursis et mise à l'épreuve. Laurent Biondi, directeur sportif adjoint -actuellement suspendu- de l'équipe pro AG 2R, a été condamné à trois mois de prison avec sursis. Deux jeunes coureurs professionnels, Eddy Lembo et Philippe Koehler, ont été condamnés respectivement à 16 mois avec sursis et 10 mois avec sursis.

Deux mille fioles

Freddy Sergeant, 63 ans, un ancien soigneur qui a officié entre 1980 et 2001 dans les équipes professionnelles Daf, Boule d'or, HB, Deltongo, ZG Mobili, ADR et Continentale a comparu du 19 au 22 juin dernier aux côtés de 22 prévenus, pour avoir alimenté une filière soupçonnée d'avoir écoulé plus de 2 000 fioles de «pot belge». Ce cocktail de produits dopants, dont l'enquête a révélé qu'il contenait principalement des amphétamines, était revendu auprès de coureurs amateurs, voire d'anciens professionnels, dans tout le sud de la France. L'ancien coureur professionnel Laurent Roux, 33 ans, et son frère Fabien, 24 ans, étaient les principaux revendeurs de «pot belge».

Au premier jour du procès, Laurent Roux, coureur cycliste professionnel de 1994 à 2003, avait évoqué une pratique «généralisée» du dopage dans le peloton à son époque. «Erythropoïétine (EPO), hormones de croissance, testostérone, cortisone... J'ai pris toutes les choses basiques qui se faisaient à cette époque-là», a-t-il déclaré.

© Les Sports 2006