Premier représentant batave

à s'adjuger la Coupe du Monde (Van Bon et Boogerd furent devancés par Bartoli et Tchmil en 98 et 99), Erik Dekker a reçu le trophée des mains du ministre des Sports des Pays-Bas, Margo Vliegenthart, samedi à Bergame. C'est dire l'importance qu'on accorde à ce succès outre-Moerdijk.

«J'ai commencé à songer à la Coupe du Monde au lendemain de ma deuxième place derrière Bortolami au Tour des Flandres, avoue le leader de l'équipe Rabobank. Ensuite, j'en ai clairement fait l'objectif de ma saison après ma victoire dans l'Amstel Gold Race.»

Erik Dekker a fait montre d'une remarquable régularité. Jugez plutôt: le Néerlandais a marqué des points dans neuf des dix épreuves de la Coupe du Monde, Paris-Roubaix étant la seule course où il fit l'impasse ! Samedi encore, alors que Romans Vainsteins se retirait du Tour de Lombardie sur la pointe des pieds, Dekker terminait 13e.

«Pour ramener cette Coupe à la maison, cela m'a coûté beaucoup d'énergie mentale et physique. J'ai dû être sur la brèche de mars à octobre. Au Tour de France, où j'ai remporté une étape, à Pontarlier, contre les trois de l'année précédente, j'ai même roulé en essayant de peaufiner ma condition en vue des classiques du mois d'août. Oui, j'ai consenti pas mal de sacrifices!»

A l'autopsie, Erik Dekker a dû patienter jusqu'à son 31e anniversaire pour monter au firmament du cyclisme international. «En 1992, se souvient-il, après avoir terminé deuxième des Jeux de Barcelone derrière le regretté Casartelli, on a fait trop vite de moi un champion en puissance. Et on ne m'a pas vraiment rendu un service.»

Quatrième du Mondial dimanche dernier à Lisbonne, Erik Dekker troquerait cependant volontiers sa tunique de la Coupe du Monde contre le maillot arc-en-ciel.

«Oui, pour moi, un titre de champion du monde recèle davantage d'importance que ce trophée que je viens de remporter. Aux Pays-Bas, on attend depuis 1985 et Joop Zoetemelk un titre mondial. Mais je ne nourris aucun regret lorsque je me repasse le film de Lisbonne. J'ai fait ce que je pouvais. Neuf fois sur dix, Oscar Freire me bat dans des conditions semblables. La logique a donc été respectée.» Quel beau témoignage que celui-là...

Virenque-Domo : jeudi...

Victime de crampes dans la dernière ascension du Colle Aperto à Bergame, Richard Virenque ne fut pas en mesure de réaliser le doublé Paris-Tours - Tour de Lombardie, doublé qui ne s'est plus vérifié depuis le Néerlandais Jo De Roo en 1962 et 1963. N'empêche: le Varois a réalisé deux derniers mois pleins. Sera-ce suffisant pour que lui et Domo-Farm Frites trouvent un accord pour 2002? Pour l'heure, il existe une importante différence financière. «Je réserve ma réponse pour jeudi à l'occasion de la présentation du Tour de France».

© La Libre Belgique 2001