Eddy Merckx, considéré comme le plus grand cycliste de l'histoire, était atteint dès le début de sa carrière d'un problème cardiaque et n'aurait jamais dû rouler, affirme l'auteur britannique d'une biographie à paraître jeudi. Merckx "a roulé toute sa carrière avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête", assure un cardiologue italien, Giancarlo Lavezzaro, qui avait ausculté Merckx lors du Tour d'Italie 1968 (son premier succès dans un grand Tour) à la demande d'Enrico Peracino, le médecin de l'équipe Faema.

Ces propos sont rapportés par Daniel Friebe, l'auteur de "Eddy Merckx, The Cannibal" dont quelques passages sont publiés mercredi par le quotidien De Morgen.

Giancarlo Lavezzaro qui avait réalisé un cardiogramme et différents examens sur Eddy Merckx assure avoir décelé "une cardiomyopathie hypertrophique non obstructive", parlant alors de "résultat alarmant". "Il n'y avait pas de symptôme mais il existait un vrai risque de mort subite", raconte Lavezzaro qui ajoute avoir alors prévenu par lettre le médecin personnel du coureur lequel n'avait pas jugé la situation préoccupante. Selon le biographe, Merckx n'aurait jamais été mis au courant des conclusions de Lavezzaro.

Selon Lavezzaro, le quintuple vainqueur du Tour de France n'aurait pas été autorisé à courir s'il avait subi les analyses auxquelles se soumettent les coureurs actuellement.

"Avec un tel diagnostic, plus personne n'obtiendrait sa licence aujourd'hui", assure le cardiologue.

Interrogé par De Morgen, Merckx a fait part de sa "surprise" quant aux conclusions de la biographie.

"J'ai toujours su que j'ai un coeur spécial, qu'il est particulièrement gros. Je sais aussi que, dans la famille de mon père, il y a eu de nombreux problèmes cardiaques. Mon père et des oncles sont morts jeunes", explique l'ancien coureur aujourd'hui âgé de 66 ans.

"Pour toutes ce raisons, j'ai passé des examens chaque année durant ma carrière. J'ai pris des médicaments mais je n'ai jamais eu aucun problème", poursuit le Cannibale qui "se souvient" de ces examens subis en 1968 et assure "qu'à l'époque les médecins lui avaient dit n'avoir détecté aucun problème".