"Nous avons saisi la CADF (la fondation antidopage, NDLR) sur les images qu'on a pu voir à la télévision pour qu'elle mène son enquête, auditionne les personnes impliquées et qu'on en sache plus sur ce qui a pu être sorti de la poche de Remco Evenepoel", a indiqué le président de l'UCI David Lappartient lors d'un point presse tenu à la veille du départ du Tour à Nice.

Des images sur lesquelles on voit Davide Bramati, le directeur sportif de Deceuninck-Quick Step, extraire un objet de la poche arrière du coureur, ont suscité des interrogations sur les réseaux sociaux. David Lappartient a évoqué aussi le sujet des données qui auraient été transmises à partir du vélo d'Evenepoel. "A un moment le directeur sportif déclare qu'ils avaient pensé qu'il avait chuté parce qu'il avait cessé d'émettre ses données. De quelles données parle-t-on ?", s'est interrogé le président de l'UCI, qui ajoute: "Il est interdit d'en transmettre un certain nombre. Nous sommes en train d'investiguer sur ce point.S'il s'agit juste de données de localisation, c'est différent. Ce sont les 'datas' qu'on n'a pas le droit de transmettre."

Deceuninck-Quick Step réagit

Davide Bramati, directeur sportif de Deceuninck-Quick Step et mis en cause par les images, a réagi dans le journal italien Gazzetta dello Sport. "Ce n'était rien d'illégal", assure celui qui ne comprend pas toute cette agitation. "Je ne comprends pas comment on peut penser ça". Bramati ajoute qu'il a décidé de retirer les objets de la poche arrière d'Evenepoel au moment où le coureur allait devoir être placé sur une civière. "C'était un moment stressant et je pensais que je devais retirer des choses du dos de Remco. Parce que peu de temps après, il faudrait le mettre sur une civière. Alors j'ai pris sa radio, ses barres d'énergie, son gel et ses sucres et je les ai mis dans ma poche", explique-t-il.

Dans un communiqué, l'équipe cycliste précise: "Comme nous l'avions déjà précisé par le passé, l'objet retiré de la poche de Remco était une petite bouteille contenant des éléments de nutrition. Elle a été retirée afin de pouvoir l'installer plus confortablement sur la civière. Nous l'avons répété à la CADF et nous continuerons de coopérer avec eux s'ils le souhaitent".

Patrick Lefevere a également commenté l'affaire dans le Nieuwsblad. "Davide Bramati est descendu dans le ravin après la chute de Remco et a enlevé tous les objets durs pour le protéger de blessures supplémentaires: son casque, sa radio et aussi une bouteille", explique-t-il.

Nombreux sont ceux qui s'interrogent d'ailleurs sur le contenu de cette petite bouteille, qui pourrait contenir n'importe quel liquide. Lefevere se veut alors clair: "Qu'y a-t-il dans une telle bouteille ? Du coca, du Red Bull ou un peu de caféine. Rien qui ne soit interdit. Il n'y a certainement pas d'analgésiques dans la nôtre, car notre équipe ne fait pas de conneries."