Après dix étapes du Tour d'Italie, Remco Evenepoel réalise la course parfaite. Le Belge est second au classement général à seulement 14 secondes d'Egan Bernal.

Des débuts idylliques pour le Brabançon mais celui-ci sait que le plus dur reste à venir dans ce Giro et s'est montré plutôt prudent : "Je ne sais pas comment je vais réagir à cette journée de repos et aux étapes qui arrivent par la suite", a-t-il expliqué lors de la conférence de presse organisée par son équipe Deceuninck-Quick Step et lors de laquelle il est apparu très détendu. "Tout le monde est très fort. Quand tu es un champion, tu veux gagner tous les jours. Je ne pense pas qu'Egan soit déjà en train de calculer l'avance qu'il doit posséder sur moi avant le dernier contre-la-montre. Peut-être que lors de la prochaine conférence de presse, je ne serai plus que 10e au général."

Mais malgré ce bon début de Giro, Evenepoel ne ressent pas de pression supplémentaire : "Pourquoi faire?", s'interroge-t-il, "Je suis déjà très content de pouvoir courir à nouveau après neuf mois sans course. Nous espérons pouvoir continuer de cette manière. Il n'y a aucune pression de la part de mon équipe ou de mes équipiers."

Le coureur de 21 ans affirme ne pas avoir de regret de ne pas avoir conquis le maillot rose lors de cette première semaine : "Nous serions ravis de l'avoir mais seulement au bon moment." Evenepoel est en tout cas satisfait de ses jambes pour le moment et de l'évolution de celles-ci au fil des jours : "Je sens que je gagne en explosivité. J'ai pu faire une bonne partie de mon retard dans les 500 derniers mètres de l'étape de dimanche. Tout cela grâce aux à-coups et au rythme de course. Mais je ne sens pas que ma forme devient meilleure. Mais je me sens bien."

Co-leader au début de ce Giro, Evenepoel a été bombardé leader suite à la défaillance de João Almeida dès la 4e étape : "Il a eu une mauvaise journée à cause du mauvais temps. Mais cela pourrait aussi m'arriver. Il est désormais de retour à 100% et est le coureur qui peut m'épauler en haute montagne. Ensemble, nous pouvons réaliser notre rêve."

Car, à la question d'un journaliste de savoir s'il pensait qu'il pouvait remporter ce Giro, Evenepoel ne s'est pas défilé : "Si je n'y croyais pas moi-même, je n'aurais pas pris le départ. Est-ce que cela veut dire oui ? Ce n'est ni un oui, ni un non", a rigolé le coureur du Wolfpack, qui a présenté l'étape de ce mercredi sur les routes empierrées des Strade Bianche : "Je ne sais pas s'il s'agit d'une étape favorable à Bernal. Ce sera une journée chaude avec beaucoup de poussière. Il sera difficile de gagner beaucoup de temps mais facile d'en perdre beaucoup."

Le Brabançon est également revenu sur le fameux sprint intermédiaire entre Bernal et lui dans le final de la 10e étape : "Le plus important était de ne pas perdre de temps. Chaque seconde que je peux gagner, je la prends. Nous étions en bonne position et nous avons fait l'effort. C'était fun, cette petite course dans la course avec Bernal. C'était juste une bête seconde mais quand même", a-t-il rigolé.