Fantastique doublé pour Boonen!
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Cyclisme

Fantastique doublé pour Boonen!

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Tom Boonen, avec la facilité naturelle de la jeunesse, a dominé les redoutables pavés du nord de la France et a remporté dimanche Paris-Roubaix, une semaine après son triomphe dans le Tour des Flandres cycliste.

Pour devenir le neuvième coureur de l'histoire à réaliser le doublé et l'un des plus jeunes (24 ans) vainqueurs de l'époque contemporaine, Boonen a choisi d'attendre cette fois le sprint au bout des 259 kilomètres.

Sur la piste du vélodrome de Roubaix, le coureur aux allures de rock-star a dominé nettement l'Américain George Hincapie et l'Espagnol Juan Antonio Flecha, ses deux derniers compagnons d'une échappée lancée à 80 kilomètres de l'arrivée.

Boonen, investi de la totalité des responsabilités dans sa formation Quick Step, a misé sur sa rapidité terminale pour conclure cette 103e édition naviguant entre les nuages et quelques gouttes de pluie avant que le soleil illumine le final. Mais il a su aussi prendre ses responsabilités au bon moment. C'est son équipe qui a créé la décision à 80 kilomètres de l'arrivée, sur les pavés de Hornaing où l'espoir italien Filippo Pozzato a forcé l'allure avant d'être relayé par son leader.

Au sortir du secteur pavé, l'un des plus longs de Paris-Roubaix (3700 m), l'évidence est apparue. Avec Boonen figuraient les coureurs les plus forts du jour dès lors que l'autre grand favori, Peter Van Petegem, avait abandonné prématurément peu après la mi-course, suite à une grosse chute collective. «Van Pet», aidé par ses coéquipiers, avait réussi à gommer son retard d'une minute mais l'effort lui avait trop coûté.

Contrairement à l'habitude de son directeur sportif Patrick Lefevere, enclin à jouer le surnombre dans Paris-Roubaix, Boonen s'est retrouvé seul de son équipe au sein du groupe lancé à la poursuite de l'échappée matinale, qui avait abordé les premiers pavés avec un matelas approchant les dix minutes. Mais avec des compagnons de qualité, tous décidés à aller le plus loin possible, Boonen était lancé sur la voie royale malgré la poursuite engagée par l'Allemand Steffen Wesemann (victime d'une erreur d'inattention).

A ses côtés, Boonen retrouvait Hincapie et Flecha, tous deux rêvant de devenir le premier coureur de leur pays à gagner Paris-Roubaix, mais aussi le Suédois Magnus Backstedt et le Suisse Fabian Cancellara, deux gabarits taillés pour les pavés, le Néerlandais Leon Van Bon et le Danois Lars Michaelsen. Par la suite, nul n'allait l'attaquer hormis Backstedt, le vainqueur de l'année passée, sur une accélération que Boonen n'allait même pas avoir besoin de contrer. Flecha s'en chargeait pour lui.

A voir sa force et son aisance sur les pavés où il s'était révélé en 2002 à à sa première participation en prenant la troisième place, à en juger aussi par sa détermination, Boonen était sûr de son affaire. Van Bon puis Cancellara retardés sur crevaison, Michaelsen et Backstedt victimes du rythme imposé par Flecha sur le secteur du carrefour de l'Arbre, le Belge ralliait l'arrivée avec deux compagnons seulement, sans cesser de les surveiller pour contrer un éventuel démarrage.

«La piste, ce n'est pas un problème. Je vais vite», allait reconnaître Boonen, tout sourire après l'arrivée. En lançant le sprint à mi-pente avant le dernier virage, le citoyen de Balen se comportait aussi en patron sur le vélodrome. Un écart de plusieurs longueur sur la ligne sanctionnait sa supériorité, d'ailleurs admise par Hincapie et Flecha qui montaient pour la première fois sur le podium de la «reine des classiques».

Quelques instants plus tard, Boonen recevait les félicitations de Johan Museeuw. Souvent comparé à son aîné, le jeune Belge n'en est qu'au premier chapitre d'une carrière qui s'annonce fastueuse. Museeuw, le dernier grand Flandrien avant lui, a dû attendre son 30e anniversaire avant de gagner Paris-Roubaix. A 24 ans, «Tommy», lui, a déjà brûlé les pavés.

LE FILM DE LA COURSE

L’échappée matinale: Une échappée de huit coureurs se forme en deux temps (Lang, S. Berges, Thijs et Herrero dès le km 23, puis Séb. Chavanel, Coyot, Brard et Barredo) au km 54. L’écart grandit jusqu’à atteindre plus de 11 minutes. Les fuyards comptent encore 9 min 40 sec d’avance sur la première zone pavée (Troisvilles, km 97).

Chute collective: Tafi reprend place dans le peloton après une crevaison. Sur les pavés de Vertain (km 128), Van Petegem est pris dans une grosse chute collective (avec Baldato, Guesdon, Davis, Flecha, Steels, etc). Crevaisons en série (Hushovd, Hincapie). Le peloton se coupe en trois parties. Cancellara et Hincapie reviennent après la côte du Buat (km 136).

L’abandon de Van Petegem: Van Petegem, aidé par ses équipiers (Steels, Roesems), gomme un retard d’une minute mais est lâché sur le secteur de Famars. Il met pied à terre avec Steels au secteur suivant (Quérénaing) à 100 km de l’arrivée. A l’avant, Herrero est distancé, Séb. Chavanel est retardé sur incident mécanique (bris de selle). A l’approche de Haveluy (km 172), l’avantage des échappés dépasse encore 5 minutes.

Le forcing de Boonen: A l’entrée des pavés de Hornaing (km 179), l’équipe de Boonen provoque une première décision. Le forcing de Pozzato est relayé par Boonen qui est suivi par Backstedt. Hincapie et Michaelsen d’abord, Van Bon ensuite, Cancellara et Flecha enfin, recollent. A l’avant, Lang se relève et laisse cinq coureurs devant (S. Berges, Thijs, Coyot, Brard, Barredo). Van Bon décroche du groupe des favoris sur crevaison.

La fin de l’échappée: Au second ravitaillement (km 194), le groupe Boonen compte 30 secondes d’avance sur une vingtaine de coureurs (notamment Wesemann, Hushovd, O’Grady, Guesdon, Casper, Voeckler). Hushovd et Wauters chutent sur les pavés d’Orchies (km 202). Wesemann et Van Bon, accompagnés par Hulsmans, sortent en contre-attaque. Les cinq rescapés de l’échappée matinale sont rejoints par Boonen et ses compagnons sur le secteur d’Auchy-lez-Orchies (km 208). Le peloton, pointé à 2 minutes, se reconstitue (une cinquantaine de coureurs).

Décision à l’Arbre: Cinq coureurs sortent en tête (Flecha, Michaelsen, Backstedt, Boonen, Hincapie) sortent en tête des pavés de Mons-en-Pévèle. Cancellara est retardé par un changement de roue. Le quintette se défait sur l’accélération de Flecha, impressionnant sur les pavés du carrefour de l’Arbre. Michaelsen lâche prise, Backstedt cède à son tour.

Le sprint de Boonen: Hincapie, Boonen et Flecha entrent dans cet ordre sur la piste du vélodrome. Boonen lance le sprint avant le dernier virage et devance Hincapie de plusieurs longueurs. Il signe un doublé Tour des Flandres/Paris-Roubaix.

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