La commission disciplinaire de la Ligue vélocipédique belge a rendu, hier, à Forest, au siège de la Fédération, son verdict dans deux affaires de dopage bien distinctes.

Contrôlé positif à l'EPO, fin juin, lors d'un test inopiné effectué au Canada par l'Agence mondiale antidopage avant les manches de la Coupe du monde de VTT, Filip Meirhaeghe a été suspendu 48 mois (à partir du 15 octobre) dont 15 effectifs et 33 avec sursis. Le Gantois a aussi écopé d'une amende de 5000 francs suisses (environ 3220 €). Meirhaeghe qui, alors que la nouvelle avait été révélée, avait annoncé l'arrêt de sa carrière (il a depuis lors recouru), avait aussi reconnu les faits, expliquant que la perspective des Jeux d'Athènes lui avait fait commettre une erreur et qu'il assumait sa faute. Comme il en a depuis évoqué la possibilité, Meirhaeghe pourrait recourir à partir du 14 janvier 2006.

Sans motivations publiques

Les coureurs impliqués dans la seconde affaire, dite Landuyt-Versele, d'un trafic supposé de produits dopants dans les milieux cyclistes, hippiques et colombophiles, révélée le 4 septembre 2003, lors de spectaculaires perquisitions effectuées notamment aux domiciles de Johan Museeuw, de Chris Peers, de Jo Planckaert et de Mario De Clercq (ce dernier n'est pas poursuivi), ont toujours, eux, nié tout dopage et une quelconque implication.

Parce qu'ils craignent un vice de forme, «pour des raisons de procédure», Achiel Luyten, le président de la commission disciplinaire, et ses assesseurs, Ingrid Martens et Bart De Maeseneir, n'ont pas voulu motiver publiquement leur décision hier car «l'affaire est toujours à l'instruction au parquet de Courtrai». Celui-ci, qui a fait suivre à la LVB les dossiers concernant les coureurs, enquête, en effet, pour déterminer si un trafic d'hormones et de produits dopants a bel et bien été organisé autour du vétérinaire José Landuyt et du soigneur Herman Versele. Suivant en partie le réquisitoire que Jaak Fransen, le procureur fédéral, avait tenu le 31 août dernier, à huis clos, selon le souhait des conseils de certains coureurs, les juges de la RLVB ont condamné lourdement Johan Museeuw, Jo Planckaert et Chris Peers. Tous trois ont écopé de quatre ans de suspension dont deux avec sursis, ainsi que de 10000 francs suisses d'amende (6440 €).

Ces coureurs mais aussi la RLVB ou l'UCI peuvent maintenant faire appel de cette décision auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS) à Lausanne.

© Les Sports 2004