On savait qu'il y avait deux étapes de ce Tirreno qui me convenaient : la première ici, à Civitavecchia; l'autre, San Benedetto del Tronto, la dernière. Voilà déjà une occasion de ratée !"

C'est ainsi que commença Tom Boonen lorsqu'il s'adressa brièvement à la presse belge, hier, au terme de l'étape initiale de la "Course des Deux Mers" , disputée sous un beau soleil de printemps. Les journalistes attendaient les explications du leader des Quick Step que l'on n'avait tout simplement pas vu dans le sprint.

Pour ce qui est de cette arrivée, toutefois, Boonen était loin de dramatiser. Son explication paraissait même tenir assez bien la route. D'autant que les 500 derniers mètres étaient plutôt dangereux, à cause d'une chicane serrée à 350 mètres de la ligne. "C'est juste avant ce passage que j'ai été tassé, perdant du même coup ma place dans la file des sprinters, disait l'Anversois. Contre des coureurs aussi véloces que Freire, Petacchi ou McEwen, cela ne pardonne pas. Mes sensations, pourtant, étaient bonnes. C'est du reste pourquoi je n'avais pas hésité une minute à faire travailler mes équipiers. Mais c'est la course. Je ne suis pas ici pour prendre des risques démesurés et faire la guerre pour remporter une étape de Tirreno - Adriatico. Au Tour des Flandres, je veux bien, mais pas ici, au début d'une période si importante pour moi."

En attendant, c'est bien Oscar Freire qui l'a emporté, lui qui nous avait dit, le matin même, que cette première joute n'était pas vraiment dessinée pour ses qualités de puncheur. "C'est vrai", avouait l'Espagnol en arborant un large sourire. "Mais, comme j'étais bien placé dans le dernier kilomètre, je me suis dit qu'il y avait un coup à jouer."

© La Libre Belgique 2008