Luis Leon Sanchez a remporté samedi la Clasica San Sebastian au terme d’une démonstration de force. Lors de la seconde ascension du Jaizkibel, à un peu moins de quarante bornes du but, il a flingué avec tant de punch que seuls Alexandre Vinokourov et Carlos Sastre ont pu suivre. Et dans le final, alors que Zubeldia, Gesink, Hesjedal, Joaquin Rodriguez, J. Moreno, Porte et Roche restaient dangereux, à une vingtaine de secondes, Luis Leon Sanchez a résisté à une solide attaque de Vinokourov dans les faubourgs de San Sebastian, avant de battre de justesse le Kazakh au sprint. Sur la Clasica San Sebastian, on n’a quasiment vu que des hommes sortis du Tour de France.

Sur les dix hommes qui ont animé la finale et se sont dégagés sur les pentes abruptes du Jaizkibel, huit sortaient du Tour de France. Seuls Haimar Zubeldia (4e), qui effectuait sa reprise sur l’épreuve basque après s’être fracturé le poignet au Dauphiné Libéré, et Richie Porte, la jeune révélation du dernier Tour d’Italie, n’ont pas participé à la grand-messe de juillet.

Pas étonnant, dès lors, que Philippe Gilbert ait coincé sur le juge de paix de la classique espagnole. "Il n’a pas pu suivre le groupe principal lors de la seconde ascension du Jaizkibel", raconte son directeur sportif Roberto Damiani. "Mais il n’y a rien d’alarmant : la différence de niveau entre ceux qui sortaient du Tour de France et les autres était tellement énorme ! Il ne s’est pas montré trop déçu à l’issue de l’épreuve."

Lors de laquelle il n’a pas pu marquer des points Pro Tour, ce qui lui vaut de reculer d’une place (il est désormais 5e, tandis que Contador occupe toujours la tête, malgré le rapproché de Joaquin Rodriguez). "On sent qu’il a fait du bon boulot lors du stage de Livigno, mais il ne faut pas oublier qu’il s’agissait de sa course de reprise et que sur une épreuve aussi dure, la barre des 200 kilomètres se fait sentir quand on reprend", raconte encore Roberto Damiani.

Greg Van Avermaet, lui, avait le Tour de Wallonie dans les jambes et a pu répondre présent. "Il ne lui a effectivement vraiment pas manqué grand-chose pour basculer avec les meilleurs au sommet de la dernière ascension du Jaizkibel, tout comme Moreno, qui, lui, sortait du Tour de France", précise encore le directeur sportif italien de la formation belge. "Mais je retiens aussi la belle présence de Bakelants et le gros boulot de Jelle Vanendert "

Onzième et premier Belge à l’arrivée, Greg Van Avermaet a soigné son moral au Pays Basque. "Le Jaizkibel était un rien trop dur pour moi, et malheureusement, on n’a pas pu faire la jonction pour loin", commente celui qui a réglé au sprint le troisième petit groupe. "Mais je sens que cette épreuve pourrait me convenir à l’avenir."