Cyclisme Ce fut un Mondial d’hommes, couru sur plus de sept heures, une course rendue éreintante par la pluie qui n’a cessé de tomber pendant les six premières heures, rendant le revêtement extrêmement glissant, ce qui a provoqué une multitude de chutes. Une épreuve que les Italiens ont cherché à durcir, en provoquant une impitoyable sélection lorsque la course arriva sur le circuit final après le long tronçon en ligne entre Lucca et Florence.

A la fin, après avoir dominé au sprint Joaquim Rodriguez qu’il fut le seul à rejoindre sous la flamme rouge après s’être peu avant défait facilement de Vincenzo Nibali et d’Alejandro Valverde, finalement troisième, Alberto Rui Costa est devenu le premier Portugais à revêtir le maillot arc-en-ciel. Une tunique qu’il portera la saison prochaine au sein de l’équipe Lampre-Merida pour laquelle il a signé, quittant Movistar. "La finale était pour les hommes forts !", soufflait après l’arrivée Philippe Gilbert.

Le Liégeois s’est classé 9e en finissant dans le petit groupe de ceux auxquels, sur la dernière ascension de la côte de Fiesole, il n’avait pas manqué grand-chose pour accompagner les tout meilleurs, les quatre premiers ainsi que le Colombien Uran, lequel vit ses espoirs ruinés dans une très spectaculaire chute survenue dans la descente. "Je savais que cela allait attaquer dans Fiesole, mais j’espérais qu’on monterait au train la côte et que je pourrais accompagner le premier groupe. Malheureusement, il y a eu des attaques sèches de vrais grimpeurs. Il m’a manqué un petit truc à ce moment-là. J’ai pu répondre une fois, deux fois, mais la troisième fut de trop. Ce sont tous de vrais grimpeurs devant, des gars qui n’ont besoin que de dix secondes pour récupérer d’une accélération et qui peuvent directement attaquer à nouveau. Je suis peut-être un peu trop lourd par rapport à ces types. Regardez Sagan et Cancellara ! Comme moi, ils montent en force, ils ont dû laisser filer, eux aussi."

Dès ce moment, la course était perdue pour Gilbert. "Je ne me suis pas énervé car Weening et Mollema étaient avec moi et je savais que Weening allait rouler pour son compatriote…, expliquait-il. On s’est relativement bien entendus, mais on n’a pas pu prendre trop de risques dans la descente tellement elle était glissante. J’ai vu Uran arrêté sur le bas côté. Je savais aussi que ces cinq types n’allaient pas nous attendre et qu’il y avait deux Espagnols, que l’un allait rouler pour l’autre. Pour moi, le sprint fut très difficile, j’ai dû le faire assis sur la selle, sans pouvoir me dresser sur les pédales. Il n’y a pas de honte à ce que Rui Costa me succède. Il a déjà prouvé qu’il était capable de grandes choses et sur tous les terrains. Il a gagné à Montréal, des étapes du Tour, même en montagne, le Tour de Suisse… Il ne figurait pas parmi les favoris, mais dans la course j’ai vu directement qu’il était bien. Il tournait les jambes vraiment facilement…"