Tom Boonen a eu une (partie de la) réponse à la question qu'il se posait à propos de Philippe Gilbert. Oui, le Wallon peut jouer un rôle dans la finale du Tour des Flandres. Pourtant, Gilbert, qui a fini 15 e , deux places devant l'Anversois, avouait sa grande fatigue quelques minutes après l'arrivée.

Douché, le genou pansé, le Liégeois vint s'expliquer sur les marches du bus de son équipe. "J'ai laissé beaucoup de forces à cause d'un problème de pignon (la couronne arrière) qui sautait dans les côtes", expliqua-t-il. "C'est pour cela que j'ai changé de roue arrière avec Ladagnous (NdlR : et non à cause d'une crevaison). Dans le Molenberg (2e difficulté), j'ai failli passer par-dessus mon vélo. Mon genou a cogné mon guidon et j'ai fini à pied. Toute cette énergie gaspillée, je l'ai sûrement payée ensuite."

Jusqu'au Mur de Grammont, le coureur de La Française des Jeux fit jeu égal avec les meilleurs. "J'avais essayé d'anticiper avec Devolder, pour prendre un peu d'avance avant le Mur, mais ça n'a pas réussi et, là, j'ai dû laisser filer les plus costauds", avouait-il. "Mes jambes brûlaient, je suis revenu sur la tête à trois kilomètres du but, mais ne me demandez pas ce que je pense de la finale, je n'ai rien vu. Je n'avais même plus la force de sprinter."

"Deux jours pour récupérer"

Le coureur d'Havelange ne désespère pas, pourtant. Le Tour des Flandres peut lui sourire dans le futur. "Pour gagner, il faut pourtant que toutes les conditions jouent en ma faveur", tempère-t-il. "Mais je progresse, je le sens. C'est une course très dure, il faut se mettre à 200 pc. Aujourd'hui, c'est en me plaçant bien avant chaque côte que j'ai pu passer avec les plus forts. Partir dans un bon coup, ça relève toujours un peu de la loterie. Si l'attaque avec Devolder part, je peux peut-être faire une belle place. Mais j'étais surveillé, je savais qu'on ne me laisserait pas filer comme un facteur..."

Après-demain, Philippe Gilbert sera au départ de Gand-Wevelgem. "Je suis vraiment très fatigué" , souriait-il encore. "Mais dans un tour, on repart le lendemain. Ici, j'ai deux jours pour récupérer."