Trois ans après, Philippe Gilbert revient sur les routes du Tour de France et le Liégeois en est devenu une des vedettes. Depuis quelques jours, on parle autant du Wallon que de Contador, des Schleck ou de Cavendish, en Vendée. Hier, à La Roche-sur-Yon, où la formation belge loge cette semaine, la presse internationale s’était déplacée en masse pour entendre le numéro 1 mondial, grandissime favori de la 1re étape, aujourd’hui, au Mont des Alouettes.

En 2008, dans une situation comparable, sans prologue, le Liégeois avait raté le coche à l’occasion de la première étape, à Plumelec où Alejandro Valverde l’avait largement devancé. Depuis lors, l’Espagnol a été mis sur la touche, et le coureur d’Omega Pharma, qui fêtera son vingt-neuvième anniversaire mardi, a franchi plusieurs paliers. Depuis la mi-avril, Gilbert est imbattable ou quasi, et certainement dans ce genre d’arrivées.

Alors, tout le monde ou presque le voit encore vainqueur cet après-midi. Le champion de Belgique ne s’en émeut guère. "Je n’ai aucune pression !, dit-il. J’ai d’ores et déjà réussi ma saison. J’ai atteint mes objectifs, gagner des classiques, le championnat de Belgique. Je suis au Tour pour prendre du plaisir, pour gagner quelque chose de différent. Maintenant, je rêve de remporter une étape du Tour. Tant mieux si c’est demain (aujourd’hui), ça me permettra de prendre le maillot jaune. C’est le rêve de tout coureur de le porter, donc évidemment le mien aussi."

L’arrivée au Mont des Alouettes est-elle faite pour lui ? "Oui, affirme Jean-René Bernaudeau, le manager d’Europcar qui vit près des Herbiers. Elle est parfaite pour lui, à la condition que la traversée des Herbiers se passe bien, que le peloton reste tendu. S’il y a un relâchement, quelqu’un, comme Voeckler par exemple, peut filer."

Philippe Gilbert confirme. "Nous sommes allés voir la finale et l’arrivée ce matin (hier), il y avait beaucoup de vent de face, les derniers kilomètres sont nerveux, avec neuf ronds-points dans les six derniers kilomètres, tout peut se passer, une chute, un problème mécanique, un enfermement, poursuit Gilbert. Je ne suis pas le grand favori ce samedi, contrairement à l’étape de Mûr-de-Bretagne. Cette première étape peut aussi revenir à Hushovd, mais surtout à un gars comme Boasson-Hagen, voire Kolobnev, Cancellara. Il y a beaucoup de candidats."

S’il est mêlé à la lutte pour la victoire dans une demi-douzaine d’étapes, le Monégasque peut très bien devenir aussi un candidat au maillot vert. "Franchement, je n’ai aucune idée, dit-il, j’ai lu qu’on me voyait gagner deux, trois, quatre, même six étapes ! Ce n’est vraiment pas comme cela que ça se passe, même si les parcours peuvent me convenir. Je vais d’abord tenter d’enlever la première."

Même la répétition des efforts ne fait plus peur à Gilbert. "Je dispute mon dixième grand tour et pour la cinquième fois le Tour. J’ai l’expérience, mais pas dans cette position, concède-t-il. C’est aussi différent de ce que j’ai fait en ce début de saison, en courant une grande course par semaine. Là, ce sera tous les jours, pendant trois semaines, il faudra s’épargner, tenter de gagner sans trop en faire, beaucoup récupérer. J’ai changé. Je suis plus fort, plus costaud que quand j’avais 24, 25, 26 ans. J’étais trop tendre."