Greg Van Avermaet a terminé 4e de la 3e étape du Tour de France lundi à Longwy.

Au terme des 212,5 km, l'arrivée s'est jouée au sprint au sommet de la côte des Religieuses, une montée de 1600 mètres à 5,8 % de pente qui a salué, une fois de plus la suprématie de Peter Sagan, le champion du monde.

Pour Greg Van Avermaet, la déception n'était pas trop grande. Le coureur était surtout content d'être là, avec les meilleurs, et pense qu'une autre occasion se présentera encore à lui sur les routes de cette 104e édition de la Grande Boucle. "J'était bien placé au début de la côte",a expliqué le coureur BMC sur la ligne d'arrivée. "Au sprint, il se passe toujours quelque chose, c'est difficile de tout prévoir, mais le plus important est que j'était bien présent. J'étais là, j'ai essayé. C'était peut-être possible aujourd'hui".

Son coéquipier, l'Australien Richie Porte a dynamité la montée en attaquant très fort faisant exploser le peloton. "J'ai été un peu surpris, mais c'était bien pour moi en fait", a commenté encore Greg Van Avermaet. "Les meilleurs étaient là dans ce sprint, j'étais avec eux, c'est important et si ça n'a pas marché aujourd'hui, cela marchera peut-être un autre jour".


Peter Sagan salue le travail de son frère Juraj

Le champion du monde Peter Sagan (Bora-Argon) a été au rendez-vous à Longwy où il était parmi les favoris attendus. Il s'est imposé au sommet de la Côte des Religieuses (1,6 km à 5,8 km) après avoir déchaussé en lançant le sprint.

"Toute l'équipe a fait un énorme boulot pendant toute la journée et surtout mon frère Juraj, qui a beaucoup travaillé en tête du peloton", a expliqué Peter Sagan, dont c'est le 8e succès au Tour. "Je suis très heureux d'avoir gagné pour lui, qui dispute son premier Tour, ainsi que pour toute l'équipe. C'est important pour moi qu'il soit là car, sans lui, je ne serais pas ici à vous parler, c'était son idée de commencer le cyclisme. Et moi j'ai suivi."

Le champion du monde a qualifié sa victoire à Longwy de 'happy end' après avoir déchaussé juste en lançant son sprint dans la dernière pente de la Côte des Religieuses. "J'étais bien placé à l'avant du peloton avec les meilleurs coureurs du monde, Porte, Contador, Majka. Je m'attendais à une attaque de Porte. Je les ai observés mais j'ai déchaussé. Heureusement, la ligne d'arrivée était encore loin et j'ai eu la chance de remettre mon pied en place et d'enfin lancer mon sprint. Dans ces moments-là, il faut juste ne pas réfléchir car on n'en a pas le temps, il faut surtout agir et c'est ce que j'ai fait. Michael Matthews n'a pas réussi à me remonter. Cette victoire tombe bien en vue des prochains jours. Nous pourrons rester plus relax dans le peloton."

Avec sa victoire à Longwy, Peter Sagan a alimenté son capital 'points' pour le classement du maillot vert qu'il a déjà conquis à 5 reprises. Ce maillot est actuellement sur les épaules de l'Allemand Marcel Kittel. "Pour ce maillot, on verra jour après jour. L'Allemand Erik Zabel l'a certes gagné six fois, mais ce n'est pas important pour moi de le rejoindre au palmarès. Qu'est-ce que ça changerait dans le monde si je prenais le maillot vert pour la 6e fois? Rien! Il y a des choses plus importantes dans la vie. Vous savez, je n'ai pas tout gagné, loin de là, ma motivation de gagner vient peut-être de mon maillot arc-en-ciel. Je ne prends pas toujours le cyclisme au sérieux, ce qui me semble la meilleure façon pour continuer à performer."

Le champion du monde portait des lunettes très particulières lundi. "Oui, mais ce ne sont pas des lunettes de ski, comme beaucoup le pensent, mais des lunettes de motocross. Très style, à mon goût."


Thomas: "Je ne m'attendais pas à une attaque de Porte"

Le Britannique Geraint Thomas (Sky) a conservé son maillot jaune lundi à Longwy. Il a été impressionné par le comportement de Richie Porte (BMC), qui a tenté sa chance dans la montée finale, la Côte des Religieuses. Pour lui, l'Australien a confirmé son statut d'adversaire principal de Chris Froome au Tour de France.

Huitième au sommet de la Côte des Religieuses à Longwy, le Britannique Geraint Thomas a conservé son maillot jaune conquis lors du contre-la-montre, samedi, à Düsseldorf.

"La finale a été stressante", a indiqué Geraint Thomas. "On a fait un bon travail d'équipe pour rester devant. Chris Froome était cependant un peu derrière et il a fallu faire l'effort pour le remonter. Quand Richie Porte a attaqué, c'était sérieux, et il a au moins montré qu'il était en excellente forme pour ce Tour de France."

Thomas avait imaginé un scénario différent dans la finale. "Je ne m'attendais pas à une attaque de Porte mais plutôt à une sortie de Van Avermaet. J'estime que Porte est un des coureurs les plus menaçants pour nous, nous l'avions déjà vu au Dauphiné. Cette impression a été renforcée à Longwy."

Le Team Sky a lancé son Tour sur d'excellentes bases avec deux coureurs, Thomas et Froome, aux deux premières places du classement général. "Avoir pris le maillot jaune dès le départ est intéressant, nous avons de fait très bien commencé cette épreuve. En ce qui me concerne, c'est un rêve, ça ne pouvait pas être mieux. Mais Paris est encore loin, il y a encore 18 jours. J'aurai peut-être ma chance un jour sur un grand tour. Je l'ai déjà eue au Giro mais ça n'a pas marché. Pour l'heure, je roule pour Froome."


"Il y aura encore d'autres occasions", relativise Wilfried Peeters

Philippe Gilbert a lutté pour la victoire, mais n'a terminé qu'en 22e position la troisième étape du Tour de France, lundi, à Longwy. Son équipier Daniel Martin s'est classé troisième.

"Gilbert avait carte blanche", a résumé Wilfried Peeters, directeur sportif de Quick-Step Floors. "Mais sur une telle arrivée, les jambes parlent. Nous comptions aussi sur Daniel Martin et Zdenek Stybar (52e). Mais bon, nous ne pouvons pas nous plaindre. Avec Martin, nous avons un coureur dans le top-trois, c'est beau. Il est trop tôt pour faire une analyse sur Gilbert. Il y a encore beaucoup d'étapes et beaucoup d'occasions. Nous sommes au Tour et devons voir au jour le jour. Il aura encore ses chances."

Martin a décroché un beau résultat. "Quand tu vois ce qu'il a fait ces dernières années sur de telles ascensions, tu dois le prendre en considération. Mais bien sûr Sagan est plus fort sur de telles arrivées, il l'a encore prouvé aujourd'hui. Tu ne deviens pas deux fois champion du monde par hasard. Il a pris ses responsabilités avec son équipe. Nous avons fait notre travail, nous avons pris la troisième place et Sagan a gagné car il était meilleur."


Pierre Latour: "J'étais venu là pour aider Romain (Bardet) mais le maillot (blanc), si j'arrive à le garder tant mieux, c'est du bonus. Je ne m'y attendais pas trop, je vais en profiter un max demain (mardi). Romain a eu un ennui mécanique, du coup il est allé changer de vélo à l'arrière du peloton, il y a quelques mecs de l'équipe qui sont allés avec lui et qui l'ont remonté. J'étais venu pour apprendre aux côtés de Romain, c'est vraiment très nerveux, j'ai pu voir ça en deux jours. C'est une course à part. Il y a vachement de stress sur le Tour, c'est fatiguant mentalement."

Richie Porte: "Je me suis retrouvé dans une position fantastique pour le final. Je me sentais bien mais à 500 mètres de l'arrivée, je savais que cela serait un peu long. C'est super pour l'équipe, ils ont été super forts aujourd'hui, c'est donc dommage de ne pas avoir fini avec la victoire. Les derniers 40 kilomètres ont été une âpre bataille. Le final a été dangereux, c'était donc bien de se retrouver indemne. Et ça fait du bien pour la confiance d'avoir tenté quelque chose."

Michael Matthews: "Aujourd'hui, cela ne s'est pas passé comme nous l'aurions souhaité, nous nous sommes un peu perdus dans la dernière montée et nous avons dû changer notre fusil d'épaule et tenter quelque chose de différent. Nous verrons ce qu'il se passe lors des prochaines étapes."

Romain Bardet: "Après la chute d'hier (dimanche), les sensations n'étaient pas excellentes. Mais c'est sans conséquence. Il n'y a rien de joué. On ne s'est jamais présenté avec une équipe aussi soudée. Aujourd'hui, j'ai eu un petit problème mécanique, j'ai changé de machine. La planche des Belles filles (mercredi)? Une montée sèche, ce sera exigeant. Mais j'attends plus du week-end jurassien."

Alberto Contador: "Je n'avais pas assez de punch (pour attaquer dans la montée vers Longwy, ndlr). J'ai pensé que si je le faisais, j'allais le payer. Demain sera un autre jour. Je suis content de comment se passe ce Tour. Les 42 secondes (perdues lors de la première étape) peuvent paraître beaucoup mais avec les semaines, on verra que cela n'est pas si important".

Nairo Quintana: "Nous avons couru une étape dangereuse, stressante et avec l'appui de toute l'équipe, on a bien couru aujourd'hui et je termine l'étape sereinement."