A part les gens qui suivent attentivement les courses cyclistes, qui connaissait Henrich Haussler avant le Circuit Het Nieuwsblad et, surtout, avant Milan- Sanremo ? Aujourd’hui pourtant, plus personne n’ignore le nom de ce jeune Allemand, élevé en Australie par sa maman jusqu’à l’âge de 15 ans.

Lui qui, déjà, adorait le vélo (il reçut sa première machine à l’âge de 7 ans) décida alors, sur le conseil de son père, d’aller à Cottbus, en ex-Allemagne de l’Est, pour apprendre les bases de ce qui allait devenir son métier.

De très honnête sprinter, il devint un coureur de classiques en modifiant son entraînement cet hiver. "Je me suis entraîné autrement, sur des distances plus courtes qu’avant et de manière plus intensive, confie Haussler J ’ai aussi fait pas mal de ski de fond et je me suis astreint à des séances quasi quotidiennes de fitness, pour renforcer tant les muscles des bras que les dorsaux et les abdominaux. C’est indispensable pour être compétitif au plus haut niveau."

Parmi les connaisseurs du peloton, nombreux sont ceux qui comparent Heinrich Haussler à Stijn Devolder voici quelques années. Les deux hommes présentent en effet le gros défaut de trop en faire lorsqu’ils sont en forme. "Haussler a ce côté chien fou qu’avait aussi Devolder voici 2 ou 3 ans, explique Jean-Claude Van Poppel, son directeur sportif chez Cervelo. Il est difficile à modérer quand il a les jambes. Mais sa course à Sanremo prouve qu’il est capable de se retenir." "Rassurez-vous, conclut Hausler en riant. Au Tour des Flandres et à Roubaix, vous ne me verrez pas avant le dernier kilomètre !"

Gilbert, pour la revanche

Par la force des choses (des travaux qui empêchent d’emprunter la chaussée menant à la côte d’Alsemberg), la Flèche brabançonne aura demain un visage modifié.

"Un autre scénario sera de mise", se réjouit Pascal Demol, l’organisateur de l’épreuve. "Au lieu d’avoir 10 favoris, nous aurons une bonne vingtaine de coureurs qui pourront prétendre à la victoire. Cela conduira les concurrents à mener leur course différemment, avec une finale ouverte et certainement très passionnante."

Battu l’an dernier par Sylvain Chavanel, à la poursuite duquel il s’était lancé, après l’attaque du Français dans le Bruineput, Philippe Gilbert aimerait évidemment succéder au Français au palmarès de la Flèche brabançonne.