ÉCLAIRAGE

La Belgique du vélo sait depuis longtemps qu'elle peut brûler un gros cierge à Johan Museeuw. Avec ses deux victoires (Paris-Roubaix et Hew Cyclassics), l'inusable Johan, qui affiche déjà 37 printemps, sauve les meubles comme il le fait quasi chaque année puisqu'il est le seul du peloton à pouvoir afficher onze victoires en Coupe du monde dont deux succès globaux. Pas mal pour un vieux cheval....

Il semblerait d'ailleurs que, dans les courses d'un jour, il en va des coureurs comme du bon vin: c'est en vieillissant qu'ils deviennent les meilleurs. La preuve: sur dix épreuves de Coupe du monde, sept ont été gagnées par des coureurs qui ont atteint ou dépassé 32 ans. En prolongement, le Championnat du monde est revenu à Mario Cipollini (35 ans), qui avait ouvert la saison des classiques dans Milan-Sanremo. `L'expérience joue un rôle fondamental dans les courses d'un jour´, a déclaré à l'AFP Michele Bartoli qui a remporté samedi le Tour de Lombardie, sa deuxième course de Coupe du monde de l'année après l'Amstel Gold Race en avril. A 32 ans, le Toscan (classe 1970) fait figure de jeunot par rapport à Laurent Jalabert (1968), le seul vainqueur français de la saison à la Clasica San Sebastian, et plus encore à Andrea Tafi (1966), l'Italien lauréat du Tour des Flandres, et bien sûr au `doyen´ Johan Museeuw (1965).

Et les Belges ?

Sur le plan belge, on peut donc se demander si Museeuw n'est pas l'arbre qui cache la forêt ou le désert. Oui et non dans la mesure où tel est le cas depuis plusieurs années. Si l'on s'en réfère au classement UCI 2002, il n'y a que deux Belges dans les 20 premiers (Museeuw 16e et Van Petegem 19e) mais il n'y en avait pas en 2001 (où le premier Belge était Nico Eeckhout, classé 30e) et un seul (Merckx, 20e) en 2000. On le voit, les années se suivent et se ressemblent malheureusement pour les Belges. Mondialisation oblige, la concurrence s'est accrue et ils doivent rentrer dans le rang. Et chercher à en sortir.

© Les Sports 2002