Le chrono athlétique disputé autour de Landgraaf, au sud-est des Pays-Bas, a tenu ses promesses. Comme attendu, la 4e étape de l'Eneco Tour a, en effet, sérieusement décanté la situation. Si quarante coureurs étaient séparés hier matin de moins d'une minute au classement général que menait Tom Boonen, ils sont aujourd'hui encore quinze classés derrière George Hincapie, en soixante secondes. Certes, les trois étapes qui restent à disputer, et notamment la dernière terriblement musclée puisqu'elle empruntera, mercredi, la finale exacte de Liège-Bastogne-Liège, peuvent laisser tous les espoirs et permettre tous les rebondissements ou renversements de situation possibles, mais tout porte à croire que le futur vainqueur de ce 2e Tour du Benelux se trouve parmi les coureurs qui ont dominé hier le contre-la-montre.

Enfin vainqueur d'un chrono (il avait fini 2e du prologue du Tour et encore 2e, toujours du prologue, dans ce même Eneco Tour, devancé à chaque fois de quelques centièmes), George Hincapie a fait coup double. Mais l'Américain, qui au général devance Stefan Schumacher de trois secondes à peine, n'est pas sorti d'affaire.

"Je vais me battre et je sais que je peux compter sur une bonne condition mais ce sera difficile", admettait hier Hincapie, l'un des grands battus de juillet puisqu'il rêvait de prendre la succession de son ami Lance Armstrong. "Je suis sorti du Tour fatigué et terriblement déçu. Jamais je n'étais arrivé aussi bien au départ du Tour, donc je devrai sans doute revoir mes ambitions futures. Pendant plusieurs jours, je n'ai rien fait, je suis resté chez mes beaux-parents, près de Dijon" (il est marié à une Française qui lui a donné une petite fille).

Hier, les centièmes furent cette fois en faveur de l'Américain qui devança le jeune et talentueux Vincenzo Nibali de très peu. L'Italien avait été le premier à effacer le meilleur temps détenu par un excellent Philippe Gilbert, finalement 5e de l'étape et 6e du général , lui qui rêve toujours de s'imposer mercredi à Ans. Ce qui n'est plus le cas de Tom Boonen.

La veille, à Malle, à une cinquantaine de kilomètres de chez lui, mais devant une foule nombreuse entièrement acquise à son champion, Boonen s'était imposé, à nouveau un peu contre son goût puisque dans un premier temps, le champion du monde avait lancé le sprint pour son équipier Steven Dejongh, auquel il voulait renvoyer l'ascenseur pour multiples services rendus.

Mais le Néerlandais ne put rester dans la roue de celui qu'il emmène à l'habitude et Boonen, que Cadamuro avait attaqué, fut bien obligé de poursuivre son effort et de... gagner. Sa vingtième de la saison (dont le critérium de Dixmude).

"Heureusement, je me suis rendu compte que Steven avait été enfermé et j'ai alors poursuivi mon accélération jusqu'au bout", expliquait Tom Boonen après être descendu du podium. Où il espère bien remonter en vainqueur d'étape aujourd'hui. "Gagner à Balen avec le maillot arc-en-ciel, c'est une chance qui ne me sera peut-être plus jamais offerte, alors je veux absolument saisir cette occasion."

Les adversaires du Campinois, mais aussi ses sept équipiers, sont prévenus...