La délégation belge présente aux championnats du monde de Varèse, est rentrée au pays, en avion, hier en milieu de matinée, sans les deux Wallons, Maxime Monfort et Philippe Gilbert, descendus, eux, en voiture sur la Côte d'Azur. La polémique née la veille dans notre camp, après la finale du mondial, gagné de très belle manière par Alessandro Ballan semble apaisée. Laissera-t-elle des traces ? C'est possible, mais pour s'en rendre réellement compte, il faudra patienter douze, voire vingt-quatre mois, car le tracé du prochain championnat du monde, à Mendrisio, est plus dur encore que celui de Varèse. Au point que, d'ores et déjà, Tom Boonen a annoncé qu'il ne serait pas en Suisse dans un an. L'Anversois a donc reporté ses ambitions de retrouver le maillot arc-en-ciel au rendez-vous australien de Melbourne, en 2010.

"Les gens ne peuvent pas se rendre compte de tout ce que j'ai fait depuis deux mois et combien j'ai travaillé dur pour arriver en forme optimale ici", disait Boonen dimanche comme pour justifier son coup de gueule. En tout cas, à leur descente d'avion, " Tornado Tom" , Nuyens, Van Avermaet et compagnie ont minimisé les incidents survenus dans la foulée de la course arc-en-ciel. "Nous avons eu une bonne discussion, tout a été apaisé", disaient-ils hier matin, comme un seul homme. "Tout a été exagéré et est le fruit de réactions prises à chaud sur la ligne d'arrivée. Il est souvent impossible d'analyser les faits de course sans un peu de recul."

Dimanche soir, après être rentrés à leur hôtel, en bordure du lac de Varèse, les coureurs sont donc revenus dans le centre de la cité lombarde pour manger un morceau ensemble, comme ils en ont pris l'habitude ces dernières saisons, puis boire un verre. Ou deux... Si, dans les rangs de la Squadra Azzurra régnait un sentiment d'euphorie légitime, le mondial de Varèse a fait grincer des dents dans plusieurs grosses formations. A côté de ce qu'elle fut chez les Belges, la dispute espagnole semble bien plus importante, Valverde et Freire se rejetant la balle pour expliquer l'échec de l'armada pas si invincible que cela. Il faut dire que Contador a joué un mauvais tour à ses compatriotes en voulant absolument participer à une épreuve pour laquelle il n'était pas prévu. Dans ses bagages, le vainqueur de la Vuelta avait aussi emmené son fidèle équipier Benjamin Noval, les deux hommes se retirant de concert bien avant que les choses sérieuses ne débutent, privant la sélection d'Antequera de deux coureurs qui auraient pu se mettre au service de ses vrais leaders.

Chez les Français aussi, l'après-course a été le théâtre des règlements de compte, Sylvain Chavanel reprochant à Frédéric Moncassin, le sélectionneur national, de l'avoir empêché de démarrer pour privilégier la carte d'un sprint massif dont Jérôme Pineau, son futur... partenaire chez Quick Step, aurait été le héros. C'es t cela qui fait tout le charme du m ondial.