ENVOYÉ SPÉCIAL À L'ALPE D'HUEZ

On avait prédit un grand duel entre Armstrong et Ullrich dans ce monstrueux chrono de l'Alpe d'Huez. Et le duel entre les deux champions a eu lieu, mais seulement pour l'honneur... «Bien sûr, ç'aurait été encore plus incroyable si je n'avais pas raté ma traversée des Pyrénées, regrettait Ullrich peu après l'arrivée. Je suis très triste aujourd'hui de ce qui m'est arrivé alors. J'ai payé, bien plus que je ne le croyais, ce maudit rhume qui m'a handicapé pendant les premiers jours du Tour. Car si j'avais pu conserver ma forme du Tour de Suisse (Ndlr: qu'il avait remporté fin juin), tout aurait été différent aujourd'hui.» Contrairement à Mayo, l'ex-vainqueur de la Grande Boucle (1997) a su rester motivé. Comme la veille en direction de Villard-de-Lans, il a tenté hier de faire échec à Armstrong mais a dû, une fois de plus, reconnaître la supériorité de l'Américain.

Le soutien des compatriotes

«Je voulais gagner, comme mardi, et j'ai tout fait pour cela, assurait le leader de la T-Mobile. Malgré mes déboires, j'ai conservé ma motivation et l'espoir de renverser la situation. Sans cela, je serais rentré chez moi. Maintenant, il faut tirer les bons côtés des choses et notamment le fait qu'Andreas (Ndlr: Kloeden) et moi, nous soyons toujours en lutte avec Basso pour le podium. On va tout faire pour y parvenir.»

Et dans la dernière et grande étape alpine d'aujourd'hui, entre Bourg d'Oisans et Le Grand Bornand, le champion olympique pourra compter sur les encouragements de ses innombrables compatriotes qui ont véritablement envahi les Alpes. «J'ai été surpris aujourd'hui de voir tant de gens manifestement heureux de me voir passer, expliqua Jan Ullrich. Et j'ai reçu une multitude d'encouragements. J'ai aperçu, bien plus qu'à l'habitude, mon nom écrit sur la route. Bien sûr, les gens étaient un peu fous, mais comment en aurait-il été autrement avec un demi-million de spectateurs

Le poulain de Rudy Pevenage et Walter Godefroot aura donc pu mesurer l'écart qui existe entre la presse allemande, avec laquelle il est en froid depuis quelques jours, et ses compatriotes qui continuent à lui témoigner une ferveur quasi idolâtre. «J'ai été énormément critiqué ces derniers temps mais je ne m'en fais pas trop, dit-il aussi. Je suis motivé à répondre à tous ces gens sur mon vélo. Je crois y être bien engagé et je le ferai jusqu'à Paris.»

© Les Sports 2004