A comme "assez de suspicion", dans un Tour qui a suscité le doute à partir du moment où Rasmussen a succédé à Gerdemann à la tête du classement général. Malgré la bonne volonté de beaucoup, on a l'impression que les autorités du cyclisme et les patrons de grands Tours ne savent plus trop à quel saint se vouer pour endiguer un fléau si enraciné dans les mentalités. Cinq à dix années encore pour changer ces mentalités, dit Millar, ça fait beaucoup...

B comme Boonen. Le champion belge a réussi son Tour, en remportant deux étapes (pour quatre au total dans le chef de son équipe) et le classement du maillot vert. Tom a pris quelques positions très tranchées par rapport au dopage (vis-à-vis de Vinokourov et de Rasmussen). Même si on aurait aimé qu'il s'exprime sur le sujet avant que ne tombent les têtes, ces mises au point sont rassurantes pour ses supporters.

C comme Contador. Vainqueur à 24 ans de son premier Tour, voilà qui est un cadeau du ciel pour l'Espagnol, ainsi que pour Johan Bruyneel, lequel a, grâce au jaune, pris quelques contacts très sérieux, lors du dernier week-end parisien, avec des sponsors potentiels pour 2008. Contador est-il propre ? Il faut le croire faute de preuves. Des preuves qui pourraient être produites dans une semaine ou dans six mois. Ainsi va le cyclisme aujourd'hui. Remember Floy Landis en 2006...

D comme détestable. Détestable ambiance lors des conférences de presse des deux derniers maillots jaunes. Impossible de se concentrer sur les seules performances physiques des acteurs. Une question sur deux concernait le dopage. Et il n'y a pas encore de raison que cela change dans un avenir proche. Certains coureurs ne comprendront jamais. Mais comme le disait très justement un confrère : "moins il y aura de dopés, plus ceux qui se dopent auront des chances de gagner !"

E pour Evans qui termine à 23 secondes du sacre, c'est très peu. L'Australien, que nous avons vu hier, vers 11h15, embarquer dans un taxi en direction de l'aéroport, en compagnie de sa femme et de ses deux fils, toujours armé de l'énorme drapeau australien reçu d'un supporter sur les Champs Elysées, est le coureur du podium qui inspire le plus confiance car sa progression, au fil des années, a été constante et uniforme. Ne nous demandez pas pour autant de mettre la main au feu pour qui que ce soit, c'est trop risqué, actuellement, dans un sport comme le cyclisme.

F comme félicitations aux organisateurs du Tour de France qui, ont maintenu leur ligne de conduite, envers et contre tout, jusqu'au bout d'un Tour qu'ils auraient espéré plus tranquille. Leur volonté d'assainir le vélo est réelle et... bien nécessaire dans les conditions que l'on sait. Pas sûr toutefois que la guerre ouverte qu'ils ont déclarée à l'UCI serve la cause de toutes les parties impliquées dont les coureurs.

G pour Gilbert. Le pauvre Philippe a manqué de chance sur cette Grande Boucle. Le jour où il semblait parti pour s'adjuger une victoire d'étape, il a fallu que les Astana de ce damné Vinokourov se mettent à jouer au jeu des bordures. Ensuite, Philippe s'est vidé les tripes pour rien... puisque c'était aux toilettes de ses chambres d'hôtel successives. Son Tour viendra...

H comme Hunter. Le Sud-Africain, vainqueur à Montpellier, fut le plus sérieux adversaire de Boonen dans la lutte pour le maillot vert; l'ancien coureur de Phonak termine à 22 points de notre compatriote. On aurait aussi pu mettre h comme hypocrite, pour ce diable de Rominger, qui a feint de n'avoir appris qu'en dernière minute que son protégé Vinokourov travaillait avec le Dr Ferrari.

I pour Italiens qui, avec Bennati (2 fois) et Pozzato, ont remporté le plus de victoires d'étapes sur cette Grande Boucle... à égalité avec les Belges (Boonen deux fois et Steegmans).

J comme jaunâtre. Telle la couleur du vainqueur du Tour cette année, faut-il encore en dire plus ? Sinon qu'on se demande parfois ce qui motive encore une grande banque française à parrainer le premier du classement général du Tour. Bonne pub, mauvaise pub, c'est toujours de la pub.

K pour Kashechkin et Klöden. Qui dit si un de ces deux-là n'aurait pas pu gagner le Tour si Vinokourov n'avait pas fait l'imbécile. Exclue de l'épreuve, l'équipe Astana, il faut oser le dire, n'avait pas la meilleure des images, même depuis le début du Tour.

L comme Leipheimer. L'Américain aurait sans doute remporté l'épreuve si le contre-la-montre entre Cognac et Angoulême avait fait dix kilomètres de plus. Leipheimer marchait comme une moto ce jour-là. Le professeur Grappe, spécialiste de l'endurance, a constaté, en analysant sa performance, que ce bon Levy n'avait jamais ressenti la fatigue durant les 55,5 km de l'étape. Mais comment fait-il ?

M pour Moreni. Vilain petit canard que cet Italien roulant pour une équipe française qui entend laver plus blanc que blanc. Notre consultant, Maxime Monfort, (lui aussi chez Cofidis) a expliqué comment il s'était pris le chou, plusieurs fois, cette saison, en discutant lutte anti-dopage avec Moreni. La fumée qui annonçait le feu ! Nos compatriotes Nuyens, Verbrugghe et Scheirlinckx, jetés du Tour à cause de lui, n'ont pas apprécié cette plaisanterie.

N comme Noval, le compagnon de chambre de Contador, avec qui le maillot jaune regarde des films vidéo pour se détendre. Noval confirme que le maillot jaune n'est pas sensible au stress. La veille de son contre-la-montre décisif, Contador s'est endormi après deux minutes de film. Il a peut-être vraiment la conscience tranquille...

O pour opérations de police ou de douane. Elles furent nombreuses durant ce Tour, ce qui a empêché certains "ravitos" avant les grandes étapes de montagne. Heureusement que l'eau des Alpes ou des Pyrénées sont parmi les plus pures de France...

P comme pension. Oui Axel Merckx, à 34 ans, prend sa pension. Le Monégasque d'adoption quitte le peloton, avec le sentiment du devoir accompli; il a presque remporté une victoire, vendredi dernier, à Angoulême, où il a terminé deuxième. Notre sentiment aussi est qu'Axel n'est pas mécontent de quitter ce peloton et cette ambiance de m... Salut l'artiste, nous, on t'aimait bien !

Q pour qui gagnera l'an prochain ou qui, au fait, a gagné l'an passé ? Et pour quelle formule optera-t-on en 2008 au Tour ? Le journal "L'Equipe" fait le forcing pour qu'on en revienne à celle des équipes nationales (qui passionne davantage les foules) mais les organisateurs ne l'évoquent que du bout des lèvres, arguant que cela ne résoudrait pas le problème du dopage.

R comme Rasmussen. Aaah, celui-là, on lui taillerait bien un costard ! Et comme il est épais comme un javelot, ça ne coûterait pas trop cher ! Le mensonge ne mène nulle part, cher Michael, ou il finit toujours par rattraper celui qui en use ! Tel celui qui mène une double vie finit toujours, un jour, par se tromper de prénom, le plus souvent à un très mauvais moment...

S comme Sinkewitz, un autre adepte de la bibine, la bibine ayant pour nom testostérone. La seule qui peut en tirer un quelconque avantage aujourd'hui, c'est son épouse.

T pour très tard. Il est moins une pour le vélo. Si l'on ne réagit pas maintenant, il mourra.

U comme UCI. On dit que le Tour et l'UCI sont sur la même longueur d'onde pour lutter contre le dopage. On aimerait le croire. Alors, calumet de la paix ou hache de guerre entre ces deux-là ! Messieurs, soyez donc responsables !

V comme Valverde. Sixième du général, l'Espagnol, selon le professeur Grappe, a roulé en dessous du niveau qui était le sien... en 2005, alors que Contador est à celui d'Armstrong cette année-là. La carburation est moins riche, l'homme l'est donc un peu moins aussi deux ans plus tard. Façon de parler bien sûr... Quant à Vino, n'en parlons plus !

W pour Wegmann qu'on n'a pas du tout vu sur ce Tour, à l'image de toute l'équipe Gerolsteiner, qui marche à l'eau, pétillante ou non (ce sponsor, c'est de l'eau !). Même pas une seule accélération de Schumacher, les traditions se perdent !

X comme Mister X, car on cherche toujours l'homme qui a donné son sang à Vinokourov. Même groupe sanguin, même rhésus, même connerie aussi !

Y comme Yaroslav Popovych, 8e et sans doute bientôt prétendant à la victoire, si Alberto le permet !

Z comme Zoo, parce que le monde est un zoo ! C'est ce que nous nous sommes souvent dit, sur ce Tour, en voyant tant de bêtises humaines.