L'onde de choc provoquée par le "blitz" de San Remo a fait tomber vendredi l'Italien Dario Frigo, retiré par son équipe du Tour d'Italie pour possession de produits dopants, alors qu'il occupait la deuxième place du classement général au terme de la 19-ème étape à Busto Arsizio. Au lendemain du mouvement de protestation des coureurs et de l'annulation de la grande étape de montagne, le dopage a rattrapé la course par le biais de l'un de ses grands protagonistes.

Dario Frigo, l'une des révélations de la saison, vainqueur de Paris-Nice et du Tour de Romandie avant de porter le maillot rose pendant neuf jours, était le seul rival qui restait à l'Italien Gilberto Simoni, à deux jours de l'arrivée à Milan. Les deux hommes étaient séparés à peine par 15 secondes. Des produits interdits ont été trouvés dans sa chambre d'hôtel par les enquêteurs lors de la descente opérée mercredi soir à San Remo, selon son équipe.

Conformément à son règlement interne, l'équipe Fassa Bortolo dirigée par Giancarlo Ferretti a décidé de le retirer immédiatement de la course, puis de le licencier. La nouvelle est tombée plusieurs heures après l'arrivée de l'étape gagnée par l'Italien Mario Cipollini, soulagé de voir le public pardonner dans son ensemble aux coureurs après la "grève".

"La plus belle victoire, c'est d'être venu au départ et d'avoir été bien accueilli", a reconnu Cipollini, l'un des chefs de file de la révolte après les perquisitions tous azimuts effectués dans les hôtels de la totalité des équipes pour rechercher des produits interdits.

La 33-ème de Cipollini
Sur la route, le public a salué comme à l'habitude les concurrents du Giro qui sont tous repartis vendredi d'Alba, à l'exception annoncée de deux d'entre eux (Pantani et Verbrugghe, malades).

Dans cette ambiance, les principaux acteurs du Giro ont été amenés à s'expliquer après l'étape. Simoni et Cipollini, les deux principaux lauréats du jour, ont mis en cause la fédération italienne dont le président, Giancarlo Ceruti, a essuyé un camouflet jeudi lors de la réunion des coureurs qui n'ont pas voulu de lui comme interlocuteur.

Pour les coureurs italiens, la principale nouveauté tient à l'intervention des pouvoirs sportifs et politiques. Une réunion est prévue mardi prochain à Rome, notamment avec le président du comité olympique italien (CONI), Gianni Petrucci, pour débattre du problème. "Je crois au changement", a déclaré Cipollini, vainqueur pour la 33-ème fois dans le Giro. Notre action a peut-être déclenché une prise de conscience de la part des responsables".

"Etait-ce la bonne décision ?", s'est interrogé Simoni. "Nous aurions peut-être un plus grand pouvoir si on l'avait arrêté complètement mais il faut aussi penser aux sponsors et au public, à tout ce que représente le Giro".

Simoni n'a plus qu'une étape-piège à franchir, samedi, entre Busto Arsizio et Arona (181 km). Le Mottarone, une montée classée en première catégorie (1389 m), doit être escaladé à deux reprises, la seconde fois à 41 kilomètres de l'arrivée jugée sur les bords du lac Majeur. Mais, après le départ de Frigo, le porteur du maillot rose n'a plus vraiment d'adversaire.

L'Espagnol Abraham Olano (ONCE), nouveau dauphin du maillot rose, accuse en effet un retard de 4:12 sur Simoni. (BELGA)