L'or va si bien à Mario Cipollini

Cyclisme

D. St.

Publié le

L'or va si bien à Mario Cipollini
© BELGA

ZOLDER Pour un coup d'essai, Franco Ballerini a réussi un coup de maître. Jeune retraité et parachuté à la tête de la Squadra Azzurra, l'ancien double lauréat de Paris-Roubaix a ramené le titre mondial en Italie après dix ans de disette.

Il a surtout forgé l'exploit, car c'en est un, de réunir l'intégralité de son effectif autour de la même cause, celle de Mario Cipollini. Quand on sait les jalousies qui minent généralement l'équipe italienne le jour d'un Championnat du Monde, on ne pouvait que s'émerveiller, hier, devant la véritable communion des Azzurri envers Super-Mario.

Imaginez qu'avant que Lombardi ne lui balise le chemin du sacre dans les 500 derniers mètres, c'est Petacchi, le rival transalpin de Cipo au sprint, qui a assuré l'aiguillage!

Celui-là même qui rêvait de se retrouver dans la situation du Beau Mario à cet instant précis. `Dans ton esprit, tu peux toujours avoir des doutes sur l'un ou l'autre équipier mais ce qu'a réalisé l'ensemble de mes partenaires ce dimanche me laisse rêveur, note le nouveau champion du monde. Ils ont été exceptionnels!´

Ceux qui pensaient qu'on ne pouvait pas contrôler un Mondial comme une étape d'un grand tour en ont été pour leurs frais à Zolder. Le train azzurro ressemblait furieusement à celui de l'équipe Acqua&Sa- pone hier. A côté de Scirea et de Lombardi, équipiers de Cipo durant la saison, on a pu admirer le dévouement de gens tels que Sacchi, Tosatto, Nardello, Bettini, Bramati et, donc, Petacchi dans la finale.

`Dans le dernier kilomètre, quand Petacchi et Lombardi dictaient le rythme, j'ai vraiment pris conscience que je n'avais pas le droit à l'erreur. Aux 150 mètres, lorsque Lombardi s'est retiré, j'ai laissé exploser tout ce que je recelais comme puissance en moi. Je ne voulais pas lever trop tôt les bras au ciel, de peur que quelqu'un ne me saute sur la ligne.´

Ce quelqu'un ne vint jamais, même si Robbie McEwen et Erik Zabel ont, eux aussi, tout donné.

`Vous savez, si ce titre mondial n'en est que plus savoureux pour moi, c'est justement parce que j'ai battu ces deux coureurs-là, qui sont les plus doués avec moi dans un sprint.´

Deux rivaux qu'il a régulièrement mis sous l'éteignoir, surtout cette saison, à commencer par Milan-Sanremo en mars dernier:

`Je me rends compte que j'ai dû attendre jusqu'à mes 35 ans pour décrocher les deux courses qui me faisaient le plus saliver au début de ma carrière. Là, aujourd'hui, je ne sais pas si ce que je vis est un rêve ou une réalité.´

Et penser que le Roi Lion, l'été passé, n'avait plus eu envie de rugir. `Je fus vexé, c'est vrai, de ne pas avoir été invité sur le Tour de France. Et le jour où, devant ma télévision, j'ai vu McEwen s'imposer au sprint à Reims, ce fut la goutte qui fit déborder le vase.´

Heureusement, et grâce au soutien de ses proches et de ses amis, dont un certain Ronaldo, Cipo revint sur sa décision.

`Le métier de cycliste m'a appris à consentir des sacrifices et à ne jamais lâcher le morceau. Je suis heureux de m'en être rendu compte durant mon inactivité en juillet et en août.´

Et au bout, depuis hier soir, il y a de l'or qui suinte de ses guiboles.

© La Libre Belgique 2002

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